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 Chroniques du Roc blanc

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Findol
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MessageSujet: Chroniques du Roc blanc   Lun 3 Avr - 21:35

Mon père

Il était beau.
Tout en lui rayonnait plus encore que l'astre à son zénith et forçait le regard à oublier ces murs de pierre sans goût ni odeur : car il avait la grâce et la présence des dieux figés dans le marbre. Quelque chose de terrible agitait ses iris parfaits, et glaçait mon cœur ému. Il était grand, bien plus que moi, et noble. Au premier coup d’œil, j'obtins la certitude que ma quête arrivait à son terme – mais cette figure idéale questionnait ma filiation. Au regard du peuple, j'étais un simple, lui un grand. Nous n'avions pas la même essence.

« Et vous êtes ? J'ai horreur qu'on me fasse perdre mon temps. »
Le moment tant attendu était arrivé, et, il eût semblé que je tremblais, de peur ou d'excitation. Jusqu'ici à genoux, j'osai relever le menton pour soutenir sa voix modulée. En mon for intérieur, j'implorais la Lumière, qu'elle me donnât la force de m'exclamer : « Mon père, des années durant, j'ai cherché – rien d'autre que vos yeux, car je suis à vous comme la terre au ciel. Etheran est mon nom. »

Je n'en fis rien, espérant être reconnu comme moi je l'avais reconnu. Était-ce un caprice, un sursaut d'orgueil, et m'accordais-je alors une telle importance dans sa vie ? Il n'avait sûrement pas conscience de mon existence si basse.
Longtemps je l'ai contemplé sans piper mot. Il attendait, en manque de patience. Moi j'étais assailli et troublé par des sentiments confus. « Votre petit numéro m'épuise. Allez au fait.
- Vous ne me reconnaissez pas ? Balbutiais-je en retour, comme surpris par l'évidence. Je me sentais petit, et pas seulement en taille, négligeable. Lui seul recouvrait ce tribunal silencieux, le baignant dans sa lumière blanche et pure.
- Non, et j'ai pourtant bonne mémoire. »

Quelle honte ! Mes espoirs déçus, j'avais perdu tout crédit, chair incapable : j'étais moins qu'un chien, reflet bâclé du prince. Que faire ? Il ne me restait plus que le mensonge pour garder cette porte ouverte, caresser l'éclat à contre poil comme ce rayon chatoyant qui perce les volets au petit matin.
« On m'appelle Etheran, ma mère était gouvernante en votre domaine – ce pourquoi je tenais à vous servir. »
Elle n'était rien de tout cela, mais qu'aurais-je pu espérer d'autre ? Au moins il n'avait pas relevé la supercherie. J'allais lui être utile, enfin, avoir une place dans son brillant esprit.
Et c'était amplement suffisant.
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Findol
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MessageSujet: Re: Chroniques du Roc blanc   Mer 5 Avr - 11:57

Ma mère


Je crois bien qu'elle ne m'a jamais aimé. En fait, elle n'a même jamais montré le moindre signe d'amour.
Quand je n'étais pas en âge de sortir, nous recevions la visite d'anciens amis à elle, qui nous apportaient de quoi boire et manger ; et mère restait dans son lit. Tôt, j'ai appris à me débrouiller, à cuisiner pour deux, arranger la maison pour deux. Les choses du monde, un homme de foi me les enseignait. Quant aux études, elle se contentait de payer avec le peu d'argent qui avait survécu à sa ruine.
Car mère était riche autrefois, belle de surcroît. Le malheur avait engraissé sa belle chevelure brune, et cerné ses yeux si fins. Elle était couturière ; mais ses robes jadis dignes de louanges pourrissaient à présent dans la cave.

Vint un jour où nous fûmes contraints de quitter la ville ; les orcs étaient à nos portes.
Sauf quand elle s'habillait, je n'avais pratiquement jamais vu mère se lever, mais cette fois quelque chose l'effrayait : on dit que l'instinct réveille l'essence. Comme il m'était déjà arrivé de fuir le quotidien pour joindre des amis au nord, en Dalaran, j'ai décidé de nous y installer. Il y faisait bon vivre, et la proximité avec un noyau magique redonnait des couleurs à mère.
Pourtant, elle n'a jamais voulu retourner chez elle, plus loin encore, au delà des monts. En cette forêt dite des « chants éternels » où l'arcane scintille sous un horizon doré.
Cependant que je la confiais à un tiers de confiance, je profitais donc de la proximité avec ce fameux royaume pour y enquêter. Il y avait quelqu'un que je désirais rencontrer.

J'avais toujours admiré mon père en ce qu'il était une figure fantasque, lointaine, oui ; une sorte de rêve. Mère n'en parlait jamais, et chaque fois que j'abordais le sujet, son regard s'assombrissait. Longtemps j'ai cru à sa mort, mais surprenant une conversation avec son cousin Rethiel, j'appris qu'il n'en était rien. « Il tient à t'héberger. Ton fils peut venir aussi, c'est un adulte responsable maintenant. » Il avait une bonne âme.
Mais chaque fois, elle déclinait, sans me consulter. Enfin, j'étais en mesure de franchir le pas.

Hélas, c'est à ce moment précis que le mal commença à ronger mère de l'intérieur ; car l'apparat n'était pas suffisant. J'avais obtenu quelques renseignements, pu m'enquérir du sort de cette étrange famille auprès de parents lointains. « Elensar », quoi de plus étrange pour un elfe. On l'aurait cru sorti d'un livre d'histoire. Mais il n'était plus question d'y penser, car l'état de mère se dégradait de jour en jour. J'étais revenu en Dalaran, et aucun guérisseur ne parvenait à lui rendre sa santé. Médecins et sorciers désespéraient de la voir mourir sans résister.

Souvent elle refusait de me voir : « Belore. Te voilà devenu comme lui. Va-t-en. » Voilà ce qu'elle annonçait à ma vue ; ainsi devais-je ressembler à mon père. Jusqu'au bout, elle se refusa à m'embrasser, me serrer dans ses bras. Toutes ces attentions qu'une mère doit à son fils.
Quand elle s'éteignit, j'étais vide. Rien ne m'avait quitté, de fait ; nous étions comme deux inconnus.  
Une histoire sans grand intérêt.
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Findol
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MessageSujet: Re: Chroniques du Roc blanc   Ven 5 Mai - 18:25

Le père


Il y avait en lui plus de noblesse que chez le plus grand des seigneurs. D'aussi loin que je me souvienne, c'était un homme d'un certain âge, au crâne dégarni et couvert d’abcès douloureux ; la courbe de ses yeux gris avait néanmoins quelque chose d'apaisant pour le cœur, quelque chose qui ne s'explique pas. Généralement il portait une bure simple, à son image : humble. S'il n'était pas de nature à réprimander, il pouvait cependant se montrer sévère et critique.
Il avait aussi un don pour apaiser des maux parmi les plus douloureux ; j'aurais aimé qu'il soit là le jour où Mère nous a quittés.
Même si je ne l'ai pas pleurée.

Puisque Mère ne pouvait assurer mon éducation, j'avais été confié au prêtre tôt, et il s'en est fallu de peu que je rejoigne l'ordre.
Pourtant ma foi est forte – et je la dois aussi au père Terran.
Il m'avait enseigné la compréhension, appris à endurer, aussi la patience. J'apprécie cette philosophie autant que les bienfaits de l'arcane, tant créatrice que destructrice.
Cela étant, aujourd'hui encore je prie la Lumière pour apaiser mon âme : je suis un mage pieux.

Le père était déjà âgé dans mon enfance, et d'autant plus chaque fois que je le croisais – les rides s’accumulaient sur son visage doux ; ses cheveux, ses dents tombaient.
Moi je ne savais pas. Penser qu'un homme si bon finirait par succomber. C'est un paroissien qui m'a appris la nouvelle.
Son esprit s'est élevé dans la Lumière l'hiver de mes vingt ans. Il neigeait, comme le jour de ma naissance. Il est parti dans le froid, sans m'avoir enseigné ce qu'était l'amour. Alors je lui en ai peut-être voulu.
Dit comme ça, c'est assez perturbant - non je n'en manquais pas. Je crois qu'il était comme un père. Un père aimant, sans être un parent.

Car le père n'était pas Père.
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Findol
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MessageSujet: Re: Chroniques du Roc blanc   Mer 10 Mai - 19:04

Mon arbre


Il a toujours été là, dans cette petite clairière où rien ne fleurit - personne n'y passe non plus ; c'est sans doute pour ça que j'avais pris l'habitude de m'y rendre. Au départ je cherchais un lieu tranquille pour m'y poser, étudier au calme, donc sans déranger ni ne l'être.

Mon arbre n'était pas bien gros, d'autres lui faisaient même de l'ombre ; mais ses racines puissantes, et proéminentes, faisaient un excellent support. J'aime donc m'y blottir, comme dans les bras d'un parent - je sens son écorce frémir à mon contact. Il me reconnaît, mon arbre, et ses feuilles ont rougi à mesure que je grandissais. La magie l'avait imprégné cependant que je pratiquais, m'exerçais sans pourtant l'ébrécher.
Il n'y en a pas deux comme lui dans la forêt, il paraît même que son espèce s'est éteinte il y a quelques décennies de cela, ou du moins qu'on ne la trouve plus en Elwynn.
Sans doute était-ce lié à sa propension à capter l'arcane environnante ?

Encore aujourd'hui je profite de son feuillage touffu, de ses épaisses branches pour trouver la quiétude qu'aucune place, sinon la cathédrale, ne parvient à m'offrir.
Il était là, planté à mon départ comme à mon retour, et m'accueille chaque fois à sa façon.

Je pourrais dormir des jours entiers contre mon arbre, ce pourquoi je me suis installé à côté de lui. Car c'était une propriété privée, j'ai dû faire des pieds et des mains pour y bâtir ma maison - sans regret.
Un jour, mon arbre m'a offert une branche - j'en ai fait un bâton. Il m'accompagne aussi désormais, me protège comme autrefois, lorsque des bêtes sauvages s'approchaient de mon corps endormi. Ce ne sont pas les loups ou sangliers qui manquent, mais aucun n'a su m'arracher à l'arbre.

Sa sève a l'odeur de mon sang, nous sommes comme des frères ; mais je suis fatigué. J'ai envie de retourner auprès de mon arbre.
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