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 La quête de la rédemption

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Anarya
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Date d'inscription : 14/12/2013
Age : 20

MessageSujet: La quête de la rédemption   Lun 3 Juil - 18:02

« La rédemption ou la mort ». Elle ferma le volume à la relecture de ces mots, passant son index sur la reliure de cuir qui avait déjà tant vécu. Un soupir et son dos trouva de lui même le fond de la chaise grinçante sur laquelle elle avait prit l'habitude de s'installer pour travailler, ou méditer selon le moment. Son regard se dirigea naturellement vers la fenêtre la plus proche, qui lui offrait une vue somptueuse sur le reste du domaine. Des gens s'activaient, moins nombreux maintenant que plusieurs mois auparavant. Il faut dire que du temps avait passé depuis que la Légion était revenue. Beaucoup avaient finalement trouvé de quoi se reconstruire, ou changer de vie. Certains restaient néanmoins, parfois en guise de remerciement, d'autres parce que le travail ici ne manquait pas.

Elle s'offrit un moment de détente, portant la tasse ébréchée à ses lèvres en laissant le breuvage s'écouler dans sa gorge. Si elle commençait à apprécier les alcools, ces multiples infusions de mage-royal étaient devenues ses meilleures amies depuis qu'elle était ressortie de l'abîme et avait, une fois encore, quitté celles et ceux qu'elle considérait toujours comme sa famille. Le liquide lui offrait un certain réconfort alors qu'elle se sentait affreusement seule. Une part d'elle regrettait de ne pas avoir cherché à rester, mais l'autre savait bien quels en auraient été les risques. Elle était donc partie, avant même la cérémonie en hommage aux défunts, et s'était depuis isolée dans l'étage le plus haut de la maison des Rowend.

« Quel gâchis. »


Elle restait là, cachée derrière cette grande fenêtre, cherchant à se protéger, elle et les autres, des hallucinations qu'elle redoutait aujourd'hui plus que tout le reste. Il en faudrait peu pour réduire ses efforts à néant, et elle le savait. Elle n'était pas prête, mais les jours défilaient et bientôt, compenser par des breuvages aux effets narcotiques ne la contenterait plus. Elle commençait à angoisser lorsqu'elle vit cet enfant tomber, au loin dehors, près de la route qui menait à la ville. Ses proches accouraient déjà pour l'aider à se relever, mais celui-ci apparaissait en train de les repousser.

L'esprit embrumé, la femme continuait de le fixer. Elle se vit elle même, rejetant ses frères d'arme et amis alors que beaucoup lui proposaient de l'aide. Ici le mal était visible. Une tâche de sang sur chaque genou. Le sien était plus sournois. A chaque fois qu'elle pensait parvenir à le comprendre et à le dompter, le revers n'était que plus douloureux... Mais également plus plaisant. Hébétée par cette pensée et la chaleur qui se faisait de plus en plus pressante en ce milieu d'après midi, elle se redressa, détournant le regard de l'extérieur pour poser la tasse sur le bureau afin de saisir pleinement le volume sombre, calant celui-ci au creux de son bras. Elle se dirigeait vers l'entrée de la pièce, mais manqua de trébucher... Un coup d’œil en arrière lui donna la nausée.

Deux enfants étaient couchés sur le tapis qui prenait place au centre de la pièce. Leur peau brune ne laissait aucun doute quant à leur origine, plus encore que les crocs qui ressortaient déjà de leurs bouches. S'ils avaient été humains, ils n'auraient pas eu plus de six ans. Mais les humains et les Orcs ne grandissent pas au même rythme. Ils devaient donc être plus jeunes encore. Aucun d'eux ne bougeait mais leur regard exprimait la même détresse à mesure que le sang s'écoulait de leurs gorges. Eux aussi étaient seuls, et personne ne viendrait les aider. C'était de toute manière trop tard, elle s'en était elle-même chargée.

« Est-ce trop tard pour moi ? »


Priant pour que cela cesse, elle franchit le seuil et ferma la porte sans plus regarder en arrière. La main sur la poignée, elle sentait le bois vibrer et le métal chauffer. Des grattements lui laissèrent penser que quelqu'un cherchait à ouvrir depuis l'autre côté, en vain. Une fumée des plus noires s'échappait de chacune des fentes, lui rappelant la fois où par sa seule action, les mercenaires avaient massacré une famille désarmée qui ne cherchait qu'à reprendre son souffle, comme elle. Malena n'avait pas approuvé, ce qu'elle ne comprenait qu'aujourd'hui : impossible pourtant de relâcher cette poignée et de les laisser sortir. Elle ne voulait en aucun cas affronter ces démons. Ce n'était pas le moment. Et surtout pas seule.

Un hurlement l'acheva. Celui d'un elfe. Le sacrenuit, pendant le Glaive-brisé. L'image de son corps meurtri l'avait fascinée sur l'instant mais son souvenir l'effrayait aujourd’hui. Il ne s'arrêtait cette fois pas de crier, comme s'il cherchait coûte que coûte à arracher l'âme de celle qui avait détruit la sienne. La femme se laissa tomber, tenant toujours la poignée pour ne laisser sortir aucune de ces âmes vengeresses. Des minutes passèrent avant que le noir ne lui dévore finalement les sens, la laissant sombrer, petit à petit, dans l'inconscience.
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Anarya
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MessageSujet: Re: La quête de la rédemption   Mar 4 Juil - 13:00

Marcher en cette période de l'année n'avait rien d'agréable. Encore moins en état de sevrage, et surtout pas dans les allées brûlantes de Hurlevent, quand bien même l'herbe du quartier des mages eut gardé cet aspect verdoyant. La chaleur caniculaire qui s'était installée ces derniers jours lui montait à la tête et lui rappelait en permanence les profondeurs infernales de l'abîme qu'elle devait parfois encore se persuader d'avoir quitté, même quelques semaines après. Il fallait néanmoins avancer, le voyage prévu par l'arcaniste ne faisant -elle en était sûre- que commencer. Ce départ ne serait probablement pas le plus difficile, ce pourquoi elle grinçait des dents, tête baissée sous ce châle pourpre, continuant de progresser sans se plaindre à un rythme qui lui aurait paru trop lent quelques mois auparavant.

La tour se dessinait au loin mais elle n'avait aucun besoin de la chercher du regard, sa connaissance du quartier demeurant intacte même après toutes ces années. La seule nécessité était de se concentrer pour marcher sans égarer sa raison alors que chaque visage et chaque coin de rue étaient susceptibles d'adopter une allure cauchemardesque. Encore une fois, elle le savait, la chaleur jouait un rôle majeur dans ce malaise permanent, et ce même si sa tenue l'en préservait un peu. Tout irait mieux une fois dans la tour, elle s'en persuadait pour parvenir à maintenir l'allure.

Même les mages évitaient de sortir à cette heure. La chaleur était telle que plusieurs commerces restaient fermés, une aubaine pour celle qui souhaitait ne croiser personne. Elle approchait, la pente à gravir lui rappelant inévitablement ses dernières années d'études, qui lui paraissaient remonter à une éternité. Son esprit vagabondait alors qu'elle se remémorait de vieux souvenirs, tous plus agréables que de supporter son état du moment. Personne ne lui en voudrait de relâcher un peu la pression. Il fallait bien au moins ça pour réussir à surmonter les épreuves à venir.

Elle arriva à la bibliothèque principale sans même s'en rendre compte et le sourire au coin de ses lèvres s'effaça à mesure que la panique s’emparait de son être. Tous les regards étaient braqués sur elle, elle en était persuadée. Les étudiants, le personnel. Ils étaient nombreux, plus qu'en temps normal, et ils la jugeaient comme un seul homme, leurs regards observant au delà de son apparence négligée. Ils voyaient ce qu'elle voulait cacher, cette corruption qui devait à leurs yeux ressortir comme une lanterne dans la plus noire des nuits. Elle pressa le pas, sans un mot, cherchant à contrôler son souffle. Elle ne venait que pour l'un d'eux, un ami de longue date qui lui ne la jugerait pas pour ce qu'elle devenait, mais au contraire chercherait à l'aider.

Il se manifesta de lui même alors qu'elle semblait errer dans but, la saisissant par l'épaule avant de les diriger tous les deux vers l'un de ces salons privés qui leur faisait tant apprécier l'ombre de la tour durant leur jeunesse. Lui n'avait pas changé. Il avait conservé la simplicité qu'elle avait toujours apprécié. Pas de contact superflus, il n'était pas de ce genre d'homme. Il n'y eut que son regard brun, paisible, capable de mettre en confiance toute âme tourmentée. Il prit la parole le premier, ce qui n'était pas pour déplaire à son interlocutrice.

« Je suis content de te savoir entière. »

Un rire nerveux de la femme, aucun de sa part. Il était sincère, il n'y avait aucune ironie là dedans. Il reprit, la voyant mal à l'aise.

« Tu souhaitais me voir. Pourquoi donc? »

Il n'était pas idiot et était tout à fait capable de sentir le mal qui la gangrenait. Était-ce un moyen de l'humilier ? Elle ne pouvait pas y croire. Il était simplement maladroit ou souhaitait qu'elle parle d'elle-même, pour une fois.

« Tu peux parler, il n'y a que nous ici. »


Elle le fixa un instant. Il restait le même. Ses traits étaient intacts et son air inqualifiable demeurait. Il dégageait quelque chose, et elle se surprit à regretter l'époque où ils étaient vraiment proches. Il ne disait plus rien. C'était à elle de s'exprimer. Elle balaya inutilement la pièce de son œil valide. Elle était incapable de déterminer si ce huis-clos était effrayant ou rassurant mais s'installa sur l'un des fauteuils en velours pendant que l'autre en faisait de même, en face d'elle.

« J'ai encore besoin de ton aide. »

Il n'acquiesça d'aucune manière que ce soit, reprenant simplement après quelques secondes.

« Ton passage au tombeau ne s'est pas montré suffisant? »


Elle voulait lui parler de l'abîme, mais c'était impossible. Malgré la confiance qu'elle lui accordait, il est des choses qui ne doivent être abordées qu'avec les concernés. Elle ne souhaitait pas l'inclure dans cette sinistre histoire, bien qu'en allant le trouver pour requérir son aide, il était peut-être déjà trop tard. Chassant cette idée d'une longue inspiration, elle prit finalement la parole.

« Orland, il y a d'autres choses. Je ne peux en parler ici et maintenant, mais non. Non, je ne parviens pas à m'en sortir. Tu connais cette bibliothèque plus que quiconque. Tu possèdes des connaissances sur la plupart des problématiques abordées par les arcanistes ces dernières décennies. Tu es le seul en qui j'ai encore assez confiance pour pouvoir m'aider. »


Ils se fixèrent longuement avant qu'il ne lui réponde, finalement.

« J'ai bien quelques idées qui vaudraient la peine d'être essayées. »
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