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 Chair à Canon

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Lyonne
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MessageSujet: Chair à Canon   Mer 2 Aoû - 11:48



Musique:
 

Si l'idée d'un soleil brûlant lui léchant la peau n'aurait su déplaire initialement à la naine, celui ci tapait trop fort pour n'être que plaisant. Pas autant que le fouet qui lui lacérait le dos, biens sur, mais cela n'arrangeait rien à son sort. Elle savait les gobelins cruels, mais elle ne leur avait jamais attaché pareille propension au sadisme. Peut être aurait-elle du s'enfuir quand elle en avait eu l'occasion? Qu'elle question, évidemment qu'elle aurait du.

"Au travail naine, active le rythme cafard !"

Heinger poussait sur l'immense poutre de bois qui permettant l'activation du mécanisme de forage. Elle et un autre nain. Un vieillard, un ancêtre aux cheveux blanchis par le temps et à la peau plissée par l'âge. A moitié aveugle et pourtant, toujours aussi fort. Elle lui adressa un sourire amical.

Ils n'avaient pas vraiment le droit d'échanger. Mais les rares instants où ils se souriaient avec une saveur particulière. Ils faisaient naître chez le demi-griffon une vague de fierté pour sa race, pour leur robustesse.


Dernière édition par Lara Warlding / Heinger le Mer 9 Aoû - 22:52, édité 2 fois
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Lyonne
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Mer 9 Aoû - 13:40

Le soleil se dérobait sous l’imposant relief d'une montagne quand Heinger regagna sa couche. Les gobelins lui avaient depuis peu, donné un lit dans une tente commune. Elle y avait retrouvé la  troupe de soldat qui avait atterri dans ce maudit endroit de la même façon qu'elle.

 Cela faisait déjà des semaines, voire des mois. De retour du Norfendre, leur navire avait essuyé les  difficultés d'une tempête, leur route avait dévié de celle commune à tous les autres bâtiments militaires, s'approchant dangereusement des côtes. Là, à la merci des récifs côtiers, ils furent la proie de deux malheurs qui, une fois conjugués, furent fatals. Une série de rochers perça la coque du navire, l'obligeant à quitter les eaux profondes pour venir s'échouer sur les dunes d'une plage qui semblait sans fin. Et la seconde, une attaque imprévue d'une organisation gobeline, qui les fit prisonniers. La résistance farouche des fiers soldats de l'Alliance ne fit pas le poids, face au nombre de forces déployées par l'ennemi. Le vaisseau était en partie composé de logisticiens, de membres du corps d’ingénierie. Rien ne prédisposait ces femmes et ces hommes à un autre combat, à une autre lutte. Ils étaient fatigués, encore hantés par les horreurs de la Couronne de Glace. Nul n'aurait su prédire pareil événement, personne n'aurait pu se préparer à un tel assaut. L'opposition fut broyée par l'effort tactique gobeline en quelques demi-heures. Elle brassa sans merci la troupe du navire de puissants tirs groupés, l'acculant jusqu'à la maîtriser totalement.

Puis le reste, Heinger n'avait pas besoin de se le remémorer. Chaînes, mines, forage,construction.

Le demi-griffon pénétra la tente en jute et avisa ses camarades. Il y avait la logisticienne Jearyn Sifflazur, une tirassienne, «Madone» comme l'appelait le reste de l'escouade, une amie proche d'Heinger. L'artilleur Deltier, une grand bavard, toujours le sourire au lèvres, même aux heures les plus difficiles. C'est d'ailleurs lui qui, un soir, non loin d'un avant-poste établit dans les grisonnes, lui avait sauvé la vie en l'extirpant à temps d'une machine sur le point d'exploser. Les paupières d'Heinger reprirent cette fameuse courbe rieuse, lorsqu'elle déposa un regard sur le dernier compagnon qui constituait le peu qui restait de la compagnie. L'officier Brondrag Blanchéclume. Le seul être au monde qui avait su préserver toute son intégrité mentale après cette guerre éprouvante. Une volonté d'acier, dans un corps de pierre. Un nain comme peu de clan en font. Un nain qui savait faire brûler cette petite flamme, dans la poitrine du demi-griffon.
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Lyonne
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Mer 9 Aoû - 16:53

Le soleil se levait à peine, quand une douleur vive frappa Heinger au ventre l'extirpant de son sommeil. Elle leva les yeux, mains placées en garde, alerte. C'était un gobelin. Il y en avait un par couche, pour réveiller les hommes et les femmes de la tente.

«Que se passe-t-il ?»

L'incertitude la gagna, elle passa un regard inquiet à Brondrag, qui plissa les yeux et examina la situation. Les gobelins les amenèrent vers l'extérieur.

« Pourquoi. Nous n'avons rien fait de particulier. Que se passe-t-il.. ? »

Deltier regardait la gobeline qui lui serrait le col non sans un petit sourire en coin, ce qui lui valu un coup de genou dans l'entrejambe.

Tous avaient été conviés dehors. Elfes, orcs, humains, tous durent sortirent de leurs nids respectifs. Parmi eux, quelques protestataires, bien vite punis par moult coups de matraque et de fouet, donnèrent un avant gout de ce qui attendant tout révolutionnaire.

Les gobelins obligèrent les prisonniers à former des rangs, brassant l'air de leurs bras verts, vérifiant la disance entre chaque corps avec une minutie qui leur semblait pourtant étrangère.

L’incompréhension régnait en maître, trahissant l'assurance de certains par la force de quelques regards échangés, effrayés, surpris, coléreux.

Heinger se rangea aux cotés de Brondrag et de Madone.

« Quelqu'un a capté une information ? Pourquoi on est là, Madone ? C'est toi qui ne dors jamais, tu aurais pu entendre quelques chose, lança Brondrag qui continuait de suivre du regard toute la scène.

-Aucune idée, j'ai juste entendu du mouvement cette nuit.

-Ils se donnent pas cette peine normalement, souffla Heinger, alerte, mains liées devant elle.

-FERMEZ LA, VOUS TROIS ! VOUS TOUS!»

La gueule baveuse d'un gobelin s'approcha des trois alliés qui se figèrent sur le coup, et plus un bruit ne s'échappa des lignes d'hommes et de femmes.

Les rangs tinrent leur position. Le vent matinal s'engouffrait dans les chaînes de leurs menottes dans un tintement métallique, seul outrage fait à un silence lourd. Cela dura, jusqu'à ce que le soleil en soit à son zénith. Alors seulement, un écho de bruit de pas gagna l'ouïe des troupes entravées.

Un duo de gobelin parlait en passant en revue la totalité des esclaves. Et c'est là qu'elle le vit, ce petit être vert, décoré de de joyaux et d'arborescence dorées. Un gobelin au charisme fou, et au regard puissant.

« Vous avez échoué à nous faire grimper dans le marché. Le retour, voilà ce qui va causer notre perte. Les forces de la Horde et de l'Alliance vont regagner les capitales et ils n'auront plus besoin de ces matière premières, Grincedent. C'est un échec. Vous avez échoué.

-Nous nous en remettrons ô Jereltaix, pitié, laissez moi vous montrer le gisement que nous avons trouvé. Il n'est semblable à aucun autre ! Je vous assure. Je vous en assure, gigantesque. Et ce genre de minerai, ça fera toujours l'affaire des consortiums ! Vous le savez comme moi...

-J'ai lu ton rapport Grincedent, mais ce problème de roche ne se règlera pas tout s-... »

La créature tourna un œil vers les rangs, et plus précisément vers ce vieux nain qui travaillait avec Heinger. Il prit un temps, plissant les paupières puis détourna son attention vers Brondrag. Le gobelin analysa le robuste barbe-de-bronze, et enfin, comme pour finir, il logea son regard jaune teinté de malfaisance dans celui d'Heinger. Le dos de la naine fut parcouru d'un frisson alors qu'une lueur sembla s'allumer dans la prunelle du gobelin.


« J'ai peut-être une idée Grincedent. »
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Lyonne
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Mer 9 Aoû - 18:26

La course du soleil semblait s'être arrêtée. Le sang de la naine se glaça.

« Vous n'avez pas entendu ? Ou peut-être n'avez vous pas compris. Un gros bloc de granite bloque l'accès à ma petite fortune. J'ai toujours eu horreur du gaspillage. Tout comme j'ai toujours eu horreur des nains. MAIS... Cette fois ci, ça ne rentre pas en jeu. Pour pulvériser le tout, il faut quelqu'un de petit, qui puisse s'introduire dans la brèche, et y poser des explosifs. Malheureusement, un petit malin a volé nos commandes d'explosifs à distance, et il nous manque du temps, des câbles, de la poudre. Et j'ai envie de faire passer un message au petit rigolo.. QUI EST CERTAINEMENT PARMI VOUS. Une vie sera sacrifiée aujourd'hui, par ta faute, branquignole. Le tunnel est étroit.. Oh et.. Comme je n'ai pas de gnome sous la main... VOUS TROIS LA. Avancez. »

Le prince marchand pointa du doigt successivement Heinger, Brondrag et l'ancêtre.

« Voilà, voilà. Bien, bien. Hmm... Tu es plutôt jolie toi, pour une naine. Mais tu es aussi moins large des trois ! Tu seras parfaite. ALLEZ EN PIST-

-NON ! NON, s'agita Brondrag. Choisissez moi, j'irai gobelin, j'irai. »

Il avait manifestement réveillé quelque chose chez le gobelin. Ce dernier se voûta, faisant crisper le cuir lisse de ses gants en serrant ses poings. Son regard avait l'air encore plus mauvais qu'auparavant. Grincedent, lui, se terrait presque, recroquevillé sur lui même.

« Comment m'as-tu appelé, nain ? »

Jereltaix ne laissa pas le temps à l'officier de répondre. Il empoigna sa canne et frappa de toutes ses forces dans la tête du nain. Le bois percuta l'os de son crâne, déchirant les chaires adjacentes. L'arcade fut touchée en premier, le sang gicla de ses pommettes, et Brondrag s'écroula au sol dans un râle d'épuisement.

« Je vais être très clair. ET C'EST VALABLE POUR VOUS TOUS! »

Scanda le gobelin, avant de frapper une fois de plus la tête de ce pauvre Blanchenclume de l'ébène de sa canne vernie.

« Je suis un prince. Comme vos dirigeants, ceux qui vous ont abandonnés, pour rester calfeutrés dans leurs palais durant la guerre. Moi, je suis le dirigeant de cette zone du monde. Vous ne la connaissez pas ? Tant mieux. Vous aurez tout le temps de la fréquenter et d'en apprendre les coutumes. La première étant qu'ici... »

Jereltaix enfonça la paume de son pied sur la joue ensanglantée de Brondrag, enterrant un peu plus sa face dans le sable rougi par les effluves vermeilles.

« Je ne pas ''gobelin'', je ne suis pas UN gobelin, je suis le Prince JERELTAIX. »

Il marqua une pause, relevant le menton du nain, lui faisant face.

« Est-ce bien clair, nain ? »

Brondrag ne rumina même pas. Peut-être lui manquait-il toutes ses dents, peut-être sa fierté l’étouffait-il juste. Quoi qu'il en soit, il ne répondit rien.

« Emportez le. Quant à toi, dit-il en avisant Heinger, tu feras une punition parfaite pour ce pauvre fou. Enchaînez la non loin de lui, prenez soin de la bâillonner  et-.. »

Un autre gobelin pris place à côté du prince, richement décoré, lui aussi, mais l'air moins fou. Il avait le regard  de ces créatures dont l'intelligence surpassait la cruauté. Il avisa Heinger, se défaisant de son monocle, puis prit la parole :

« Est-ce bien nécessaire ?  Il nous faut toute la main d’œuvre possible pour extraire ce minerais. Et tu n'es pas sans savoir que certains tunnels sont difficilement accessibles pour le gros de nos prisonniers. Allez. Cesse de les hanter, ils sont suffisamment pouilleux comme cela.

-Tu resteras toujours le plus triste de nous deux, Rhaba'jouax. Qu'importe. Toi là, le vieux. Tu es le plus sacrifiable. Qu'on lui attache les explosifs, et qu'on l'emmène à la brèche. Magnez vous. Rhaba, j'ai besoin de toi pour programmer les futures productions en ingénierie, suis moi.

-Je te précède Jereltaix. »


Dernière édition par Lara Warlding / Heinger le Dim 27 Aoû - 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Mer 9 Aoû - 19:48

Le crépuscule dessinait des nuances violacées dans le ciel quand Heinger finit de panser les blessures de Brondrag. Amoché, le pauvre homme n'avait presque rien dit depuis qu'elle l'avait traîné dans la tente avec l'aide de Madone et de Deltier.

Il était resté là, adossé au poteau central de leur abri, vouté, l'air déprimé. Elle lui avait peut-être tenu un mérite qu'il n'avait pas, après tout. Peut-être trouvait elle en sa force présumée, l'inspiration de la sienne. Il semblait sombre, plus qu'avant. Son regard ne brillait plus de cette fameuse lueur. Il paraissait comme éteint, à la façon cet espoir de regagner un jour Forgefer. Comme cette envie d'un jour goûter à autre chose qu'à ce soupçon d'amertume.

Blanchenclume avisait le ciel à travers le trou central de la tente. Ses prunelles scrutaient les astres et pourtant, Heinger n'y vit rien s'y refleter. Madone et Deltier, dormaient, les autres aussi. La nuit avait plongé la pièce dans une obscurité quasi-totale. Seuls les deux nains étaient éclairés, bercés par la lueur de ce puits de lumière. Le demi-griffon réprima cette envie de dire quelque chose, triturant l'une de ses manches, avant d'y succomber.

« Rien ne sera plus pareil. »

Brondrag baissa la tête vers elle, l'avisant, surpris et incertain.

« Comment ça ?

-Rien ne sera plus pareil. C'est ce que tu m'avais dit, à Fordragon. Les gens qui ont vu ce que nous avons vu ont changé. A jamais. C'est irrévocable. Irréversible. C'est une entaille profonde, à la guérison forcée par une vive cautérisation. C'est une source de détresse. Je le sais. Madone et Deltier aussi le savent. Mais c'est aussi de là, qu'ils nous faut puiser la force nécessaire à nos luttes. L'inspiration qui galvanise nos troupes. L'étincelle de l'imaginaire, qui ménage l'inventivité. Tu dois te remettre, et on doit sortir d'ici Brondrag. »

Le guerrier ne dit rien, plongeant ses prunelles claires dans celles d'Heinger. Il la jaugea, yeux plissés, un instant. Il avait cette capacité innée pour faire naître une tension palpable en un regard. Heinger redressa son menton, pas dupe. Il leva la main pour gagner sa joue, quand Heinger se rehaussa.

« Pense à ta femme Brondrag. Pense à tes enfants. Il te faudra bien rentrer un jour, non? »

Elle recula de quelques pas, continuant de le toiser, non sans un pincement au coeur. Puis elle se retourna, disparaissant dans l’obscurité du dortoir.
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Lyonne
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Lun 14 Aoû - 15:02

Heinger ne regarda pas le ciel ce jour là. Elle se contenta d'écouter le son lointain des explosifs, chargés sur ce nain aveugle. A son âge, on savait faire preuve de recul et de sang froid. A son âge, beaucoup avaient vécu l'impensable, et elle devait tenir bon. Peu importait les morts, les pertes. L'objectif seul en valait la peine, la liberté elle seule, méritait autant de sacrifices. Et elle y goûtait. Quand elle avait le droit de marcher dans les campements, le soir, après ses taches. Quand elle aspirait les quelques larmes d'eau fraîche extirpées à une gourde solitaire. Quand elle sentait ses chaînes glisser le long de ses poignets, le matin, après s'être lavée.

Tout cela renforçait petit à petit l'envie qu'elle avait de se venger. De lui faire goûter à la défaite. De lui faire du mal, de le briser. Elle le brisera. Elle le savait. Car elle était un nain du clan Martelfer. La dernière survivante d'une lignée. Tout était une question de temps.

Il avait remarqué ses regards, il l'avait compris à son attitude qu'elle avait quelque chose en tête. Mais qu'importe. Il pourrait bien lui interdire l'eau, et la nourriture, la colère qui bouillonnait en elle était plus forte que la faim ou la soif. Il pourrait bien la faire fouetter davantage, sa peau était aussi dure que de la pierre, ses os aussi solides que de l'acier. Sa rage la galvanisait plus que tout.

Elle le brisera.
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MessageSujet: Re: Chair à Canon   Dim 27 Aoû - 19:33

Musique:
 
La chaleur l'accablait, son front ruisselait, sa respiration devenait rauque.

« Plus vite, allez ! Plus vite ! »

La voix stridente du contremaître résonnait dans son crâne. Elle lui paraissait de moins en moins lointaine, presque limpide, indissociable de celle de ses pensées. Elle hantait son esprit.

Cependant, malgré le temps, la fatigue et la soif, rien ne pourrait lui faire perdre de vue son objectif. Un écrou sur soixante-sept finissait dans sa poche. Un clou sur quatre-vingt-quatre, dans sa brassière. Les hommes qui l'entouraient avait été mis au jour de la mission par Deltier et Brondrag, et semblaient suivre le mouvement. A côté d'elle, son informateur.  Un humain, blond, fin, pourvu d'un regard vif et empreint d'intelligence. Il s'était fait remarquer par le Prince Marchand et avait fini par être choisi pour le servir tous les trois jours, chez lui, dans les quartiers du gobelins, pour diverses tâches particulières.

« Pauvre enfant, pensait-elle, obligé de lui gratter le dos et les pieds juste parce qu'il est né avec des doigts fins »

Enfin, orteils de gobelins ou non, cet humain représentait une source inespérée d'informations. La clef de voûte d'un grand projet d'évasion.

Le gong retentit, brisant le silence d'une seule note. Tous les prisonniers soupirèrent de soulagement, à l'unisson. Heinger leva la tête, avisant les cieux, une nouvelle fois. L'aube avait gagné l'horizon et elle ne s'en était même pas aperçu. Elle se dirigeait vers sa tente, les poches cliquetantes, quant elle fut interrompue par le jeune blond.

« J'ai ton information. Le prince marchand se barre, dans la matinée d'après demain. Je l'ai entendu parler à son frère après mon service. J'ai failli crever pour toi sur ce coup là. S'il m'avaient découvert, l'oreille à la porte, je serais mort à l'heure qu'il est.

-Peut-être. Mais tu ne serais pas mort pour moi, mais pour l'objectif, Harti, pour l'objectif. Bref. Ils ne t'ont pas vu, tu en es certain ?

-Certain, répliqua le jeune homme en opinant promptement.

-Tu es sur qu'ils ne se doutent de rien ? Qu'ils ne font pas exprès de véhiculer de fausses informations ?

-Comment veux-tu que je le sache ? »

Harti prenait des airs théâtralement incertains. Elle détestait ça. Il était trop intelligent pour ne jouer que dans son sens, et ce qu'elle pouvait lui promettre n'était sans doute rien comparé aux éventuelles  richesses gobelines. Mais il restait son seul cheval de bataille, son seul soldat important.

« Qu'importe, nous nous devons d'être prêts. Informe les autres que nous passerons à l'action sous peu, veux-tu ?

-Je ferai ce que tu veux, tant que tu me donnes le bateau une fois qu'on aura crevé ces fumiers.

-Tu l'auras Harti, tu l'auras. »

Saleté de corsaire. Brondrag avait découvert en parlant avec les autres que ce type était un ancien pirate recherché par le Cartel Gentepression, et que les gobelins de Jereltaix l'avaient attrapé de la même manière que son équipage: Acculé dans un coin trapu de la côte.

La naine et Harti se séparèrent, d'un commun accord, se mêlant à aux flux de prisonniers pour joindre leurs tentes respectives. Heinger attendit -comme à l'accoutumée- deux secondes devant son dortoir, griffant trois fois d'affilé les rideaux qui servaient de porte avant d'entrer, en toussotant deux fois. La levée du bout de tissu l'exposa à Brondrag, Deltier, Madone et une demi dizaine d'autres esclaves. Tous travaillaient depuis déjà plusieurs semaines à l'élaboration d'armes de fortune et de mécanismes détonants. Ils déportèrent  tous leur attention vers l'entrée, dévisageant la naine dans un sursaut de peur. Heinger leur fit un signe amical, affichant son plus grand sourire, dans le but de les rassurer, certainement. Ils avaient peur. Peur de se faire démasquer, peur de mourir. Mais ils luttaient, tout de même, nuit et jour, pour libérer les troupes asservies de leur joug oppresseur. Le demi-griffon s'arrêta au centre de la salle, avisant l'état d'un javelot de fer avant de l'empoigner. Elle s’éclaircit la voix d'un toussotement rauque avant de lancer.

« Préparez-vous, c'est l'heure. »
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