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 L'histoire de Roger le Fermier

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Osgurd Flot-d'Acier
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Date d'inscription : 08/02/2012
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MessageSujet: L'histoire de Roger le Fermier   Mar 19 Sep - 15:33

Le feu crépitait paisiblement dans l'âtre. Face à lui, léché par ses flammes, se reposait le protecteur de cette maison sur une grande chaise de bois massif. Engoncé dans son épaisse armure, sa fidèle épée délaissée au coin de la cheminée, son regard se perdait sur les flammes qui lui inspiraient bien des pensées.

Il fut tirer de sa rêverie par un bruit qu'il reconnaîtrait parmi milles. Des pas, légers, rapides, qui filaient au dessus de sa tête, à l'étage, avant de gagner l'escalier qui se trouvait alors dans son dos. Le rythme était toujours le même, propre à ce jeune garçon plein d'énergie, contrastant avec l'austérité exubérante des lieux ; il s'enfila les marches deux par deux, s'arrêta au palier pour mieux enchaîner sur les suivantes, terminant sur un saut bien plus audacieux lui permettant de passer directement de la quatrième marche au plancher du rez-de-chaussée.
Il ne fallut pas beaucoup plus longtemps pour qu'il se retrouve au devant de son maître-d'armes, lui affichant son sourire d'ores et déjà dépourvu de quelques dents de lait. Rien d'étonnant pour un petit bonhomme d'une dizaine d'années. Il n'en gardait pas moins son air noble, dans sa tenue de soie parfaitement ajustée à sa taille et avec ses cheveux bien peignés par sa mère.
Sa voix, elle, était bien celle d'un garçon n'ayant pas encore muet, à la fois ridiculement aiguë et terriblement attachante.


"Dis, dis, Hans ! Tu me racontes une histoooiiire ? S'te plaaaiiit !" Une petite moue insistante, un regard adorable, et voilà le susnommé trop attendri pour refuser la demande de son petit protéger.
"Puisque tes parents ne sont pas encore rentrés..." Il accorde à Yebald un petit sourire affectueux, celui-ci lâchant un "Ouaaaaiiiiis !". De lui-même, il grimpa sur les genoux du trentenaire, s'y asseyant confortablement - et ce même si ses fesses reposaient sur une armure -, dos contre un accoudoir, à moitié tourné vers le conteur du soir. Celui-ci, après une intense réflexion, reprit d'une voix lente, calme et d'un ton grave qui convenait parfaitement à un tel récit.

"Cette histoire... C'est l'histoire de Roger. Roger le fermier. Ou... Roger le Téméraire, comme il voulait se faire appeler."
"Hey, mais... C'est vraiment nul comme nom ça, Roger !", remarqua le jeunot avant de ricaner bêtement.
"Oui, bon, écoutes... Hmm..." Hans s'éclaircit la voix pour attirer l'attention du garçon, qui arrêta finalement de rire après quelques secondes pour écouter la suite de l'histoire. "Comme tu t'en doutes, Roger était un fermier. Un homme d'une trentaine d'années, bedonnant et mal rasé, sentant le vin et le fumier."
Le pauvre conteur se fit encore interrompre. Le garçon lui offrait un air sceptique, les sourcils froncés. "Elle a l'air nulle ton histoire..."
"Ecoute là donc ! Tu verras.", rétorqua le maître-d'armes, ponctuant ses mots d'un long soupir. Et puisque le garçon semblait décider à le laisser parler, le voilà qui reprit son histoire.

"Quand il n'était pas saoul, Roger se prenait à rêver ; il s'imaginait loin, très loin, en preux chevalier, pour oublier sa vie de solitude et de pauvreté. Il faut dire que Roger n'était pas plus doué avec les femmes qu'il l'était avec la ferme. Non, Roger s'en convainquait ; cette vie là n'était pas pour lui ! Un bon matin, Roger décida de tout changer. Il vendit toutes ses poules et ses vaches, prit tout ses sous, et alla s'acheter une armure et une épée chez le forgeron du village, sous les moqueries incessantes de tout son entourage." L'attention du garçon était gagnée. Il observait sans relâche le visage de Hans, accroché à ses lèvres, attendant la suite avec les siennes un peu entrouvertes.

"Une fois équipé, le bougre se mit en tête de s'entraîner. Seul, comme un brave, il se fit des mannequins d'entraînement et s'essaya à quelques mouvements. Diable ce qu'il se sentait fort ! Oui, ceux qui se sont moqués de lui avaient tort. Il leur prouverait que sa vie n'était pas ici, mais bien ailleurs la où le destin lui sourit." Le maître-d'armes prit un instant pour inspirer, maintenir en haleine le garnement qui trépignait sur place dans l'attente de la suite. Amusé, un sourire au coin des lèvres, il poursuivit.

"Plusieurs jours passèrent. Se sachant fin prêt, Roger décida de quitter cette terre. C'est au cœur du village qu'il se rendit, exposant son armure toute polie, pour faire jalouser les jeunes gens qui ne pouvaient en faire tout autant. Fort bien lui en fut ! C'est là qu'il trouva sa première mission, donnée par un ami complètement rond. "Par delà les collines", lui dit-il, "se cache un monstre, dans une grotte, avec un énorme trésor !" N'écoutant que son courage, Roger le Téméraire s'en alla pour un long voyage ! Des jours entiers il marcha, s'arrêtant ci et là pour confirmer sa route et demander de quoi casser la croûte. Si bien qu'après tant d'efforts, il se retrouva au devant de cette grotte. Les mains sur son épée, la tête relevée, il s'engouffra à l'intérieur et ce sans la moindre peur."

L'histoire approchait de sa fin, le garçon le savait bien ! Il n'osait plus rien dire, plus rien faire, attendant les prochains mots avec toujours plus d'impatience. "Quelques pas suffirent à sceller son avenir. Il se retrouva dans une grande salle, qui, si illuminée, semblait renfermer un terrible mal. A peine eut-il eu le temps de se retourner, qu'un énoooorme gnoll affamé était sous son nez. Ni une, ni deux, il se lança à l’assaut, oubliant tout de la prudence et de ses défauts."

L'homme marqua une longue pause, observant le garçon avec malice, pendant que celui affichait un regard plein d'incompréhension. "Et alors ? Il se passe quoi après ? Il parvient à le tuer ? Il trouve un grand trésor ?! Il devient un héros ?!"
Hans haussa un sourcil avant de reprendre d'un ton rieur. "Allons mon garçon, bien sûr que non. Comme tous les imbéciles qui pensèrent, avant lui, que tenir une épée faisait d'eux des grands guerriers, Roger mourut quelques instants plus tard et se fit dévorer par le gnoll hilare."
Yebald regardait son maître-d'armes avec des grands yeux ronds, l'air terriblement déçu, alors que celui-ci poursuivait. "Moralité de l'histoire... ? Les héros, ça n'existe pas."

Le petit bonhomme, saute des genoux du conteur d'un petit air énervé, avant de rétorquer avec détermination. "Pff ! Tu dis n'importe quoi ! Moi, plus tard, je serais un héros ! Je deviendrais grand et fort pour aider mes amis. Tu verras !" Le garçon s'échappa, rejoignant les escaliers, laissant là le garde-du-corps de la famille qui reporta son attention sur les flammes, un fin sourire sur les lèvres. "Nous verrons, mon garçon... Nous verrons."
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