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 Une trinité scellée

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Kazran
Sergent
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Date d'inscription : 08/02/2012
Age : 24

MessageSujet: Une trinité scellée   Mar 19 Sep - 16:20

Une trinité scellée


Une bourse, un sceau, un destin. C'est ainsi que tout s'est toujours déroulé. Il n'en a jamais fallu davantage. Chaque contrat est une rengaine, la cible change, l'environnement, les motifs, mais au final, tout se résume en une bourse ficelée, un courrier scellé, et un aller simple pour le royaume des ombres.

Chaque jour était rythmé au tintement des pièces, au froissement du papier, puis au déchirement de la chair, ce dernier soupir, l'ultime chute. A chaque jour son contrat, à chaque jour son meurtre, une routine ancrée profondément dans mes habitudes, dans mon quotidien, jusque dans mes gènes. La seule chose qui était fixe : Le client.
Un vieil homme descendant de la noblesse d'un royaume aujourd'hui déchû. Néanmoins, cet ancien politicien n'a jamais eu autant d'intrigues à mener que depuis que son héritage se mêla à la cendre.
Il n'était pas particulièrement intelligent ou fort, n'avait pas une stratégie fine, ni des plans d'actions puissants, mais pour vaincre, il avait appris une règle simple qu'il a appliqué jusqu'au bout : Un ennemi mort ne cause plus aucun tort.
Ce n'était pas un combattant, et dans son malheur, les loyaux à sa cause se faisaient rares. Cependant, il avait une arme sur laquelle compter, silencieuse et efficace : Moi.

Une bourse, un sceau, un destin. Des années passèrent, les ennemis ne se faisaient pas moins nombreux, un mourrait que deux anonymes sortaient alors du lot. De la mauvaise herbe. Mais de la mauvaise herbe qui rapporte. Chaque tête valait son pesant d'or, les lettres cachetées ne cessaient d'affluer, et mes lames demandaient un affûtage régulier.
Cependant, quelque chose brisa la routine, quelque chose interféra avec mes plans. Sous ma garde, sous mon nez, impuissante et ignorante, mon employeur était tombé malade. Un châtiment brutal, divin selon certains, le vieil homme suait et grelottait dans ses draps, il en émanait une odeur putride, les yeux vitreux, la respiration douloureuse, crachant de ses poumons cette bile verdâtre, mêlé à son propre sang. Je n'ai jamais eu d'empathie pour mes victimes, ni pour les mourants en général, mais cette fois-ci, j'ai senti un pincement dans la poitrine, paradoxalement, j'avais le cœur au bout des lèvres. Ses veines étaient gonflées, bleuies, les traits tirés, blanc comme un macchabée.

Mon guide, ce parent, qui m'a amené jusque là, celui qui a donné à ma vie un sens – Aussi macabre soit-il -, allait disparaître. Je pensais pouvoir le protéger de n'importe quel imbécile armé d'une épée, j'avais bien des bottes secrètes pour étriller les meilleurs bretteurs. Même les mages n'étaient pas de taille. Mais aucune de mes compétences, aucun de mes dons, rien de ce que ce vieil homme m'avait offert ne pouvait rien contre le poison qui ne tardait à sonner son glas.
Il y avait un traître, était-ce un serviteur, un invité, un collaborateur? Peu importait, au final.Je savais que la vengeance ne m'apporterait rien. D'autant que le nombre de coupables potentiels était ridiculement grand. M'engager sur cette voie amènerait à un génocide aveugle, jusqu'à mon propre mauvais pas, les sentiments amènent à des négligences dont je n'étais pas encore prête de commettre.
Puis vint ce moment que je regrettai : Son dernier souffle. Le contrat était brisé, j'étais déliée de mon contrat, libérée de mes engagements.
Ces mots sonneraient moins amers dans la bouche d'un esclave, car dans mon cas, pour la toute première fois de mon existence, je me demandais : « Que vais-je devenir ? »

Une question qui me tarauda longuement. Ici je n'étais plus rien, les lames Ducatore étaient retournées au fourreau, et gagnaient la poussière. Je vis rapidement les vautours tournoyer autour de la demeure, les premiers vols, les premiers déserteurs, la déchéance de la Maison. J'errai dans l'Ombre, incapable de me décider. Je lisais la correspondance, les courriers en attente de celui qui fût mon guide, et c'est en parcourant de vieux relevés de trésorerie qu'une révélation me vint alors. Une révélation logique, une réponse sans appel, elle coulait de source :
« Il me faut un nouveau contrat. Il me faut.. Un nouvel employeur. »
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