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 La marée

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Aile Belreven
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Messages : 24
Date d'inscription : 19/06/2017

MessageSujet: La marée    Sam 21 Oct - 15:29

«- Croyez-vous qu’il y ait une existence après la mort ? demanda le Pistolero à son hôte alors que ce dernier lui servait trois épis dans son assiette.
Brown acquiesça d’un signe.
- Oui. Celle que nous sommes en train de vivre, à mon avis.»

«Et la seule flamme de l’univers est une pauvre pensée»

«Parfum de larme, au cœur.»

A quoi pense-t-on, lorsque c’est la mort qui vient frapper à la porte ? Lorsqu’on distingue, dans l’embrasure, non pas un visage familier mais une ombre froide, peut-être un peu humide, détachée ?
J’aurais aimé pouvoir dire que j’ai pleuré. Que je me suis effondrée, maudissant tous les dieux de l’univers, insultant la Lumière, que j’ai tempêté des heures durant, jusqu’à estomper toute colère, jusqu’à noyer toute fureur, que j’ai déchaîné une infernale magie pour signer son passage. Et pourtant.

Je n’ai jamais été une romantique; je n’aurais pas aimé l’être. Il était mort.
Lorsque c’est la mort qui vient frapper à la porte, et qu’on l’ouvre sur son faciès indifférent, on ne pense à rien. Il y a un passage à vide, un temps mort. Et ce bourdonnement qui résonne, dans l’oreille, comme une musique sans rythme ni mélodie, funèbre, peut-être.
On ne pense à rien. Ou alors à des choses stupides. Des choses banales. Bêtes. Triviales.
La dernière plaisanterie que je lui avais faite, juste avant le départ. Notre dernier échange. Les fleurs.

«T’as vraiment envie de partir ?»

Il y a beaucoup de choses qui se perdent et s’effaçent. Je me souviens des fleurs. Je me souviens du sable de la plage, encore brûlant sous la nuit d’un jour passé à cuire au soleil.

Le soir avait défilé avec la fadeur atroce des jours de pluie. Le choc s’était glissé dans la tente ouverte à tous les vents, niché tout contre, tout entier, dedans, malin, sournois. J’avais froid. J’avais froid en dedans. Et mal au-dehors.
C’était sa tente, bien sûr.

Et puis la peine avait coulé, goutte à goutte, comme pour emplir le vide laissé, sans fond, qui ne faisait que s’enfler. Comme une mauvaise plaie. J’avais mal, en dedans. M’aurait-on transpercée d’une lance et laissée là que je n’aurais pas moins souffert.
Car tout s’effondrait. Partir. Prendre la mer, au hasard, un navire en partance dans les baies méridionales, oubliés sorcières et mercenaires. Ce qui n’arriverait jamais.

Ce sentiment d’injustice, comme si j’avais été flouée. Moi qui n’avait jamais cru qu’en la magie, foutrediantre, LA MAGIE, l’infini du merveilleux et le hautement possible, le champ total de l’impossible éventré, des mystères sus. Fallait-il qu’un individu aussi commun, aussi normal, ait l’outrecuidance de révéler posséder autant de magie que tout un univers ? Dans la simple fusion de son esprit, dans les éraflures de ses défauts, les petites lueurs entremêlées de ses pensées confuses ?

Je m’étendais sur sa couche. Le chant de la mer, que soufflait la conque à mon oreille, serait sa dernière voix.
Et les larmes la marée.
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La marée
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