Rétribution

Guilde RP sur Kirin Tor - World of Warcraft
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un bracelet de cuivre

Aller en bas 
AuteurMessage
Helios
Mercenaire
avatar

Messages : 661
Date d'inscription : 24/08/2013
Age : 22

MessageSujet: Un bracelet de cuivre   Jeu 26 Oct - 13:15

Attention guimauve

Citation :
« Ne pleure pas Rollo, je serai bientôt de retour. C’est promis. »

Si les traits fins de Cécilia irradiaient de confiance et gentillesse, autant que ses cheveux de lumière dorée ; ses yeux opale luisaient d’une coulée sibylline. Quitter l’orphelinat constituait une chance inespérée, cela son frère le savait bien. Mais il savait aussi décrypter le moindre signe, la moindre expression, comme elle ne laissait que rarement paraître peur ou tristesse, sûrement pour l’en préserver. Interdit, le demi-elfe s’arrêta sur l’homme qui arrachait une racine de sa vie, un grand barbu au regard de pierre, sans doute sans enfant.
« Je ne sais pas si j’y arriverai... »

Les deux se fixèrent un moment sans réagir. Chacun songeait à ces jours passés à courir à travers champ, se baigner dans le lac ou compter les nuages à l’ombre d’un saule. Roland peinait à retenir ses larmes en voyant l’homme mûr se presser, d’un geste nerveux de l’épaule. Toutefois, il lui était impossible de haïr, car il se l’était promis, comme il avait juré à sa sœur qu’il serait fort en son absence ; assez pour ne plus être la risée des classes.

Mademoiselle Shellene s’approcha du pallier pour chuchoter au barbu cependant que la coupe se remplissait, et les deux enfants éclatèrent en sanglots, serrés l’un contre l’autre comme lors des soirs hivernaux. En cet instant ils ne faisaient plus qu’un, comme il aurait pu être à leur naissance. Les adultes eux demeurèrent interdits en appréciant avec respect et embarras la connexion gémélique. Quelque chose de fort unissait les deux bâtards, plus fort que leurs voies forcées et pourtant nécessaires.

Quand Cécilia se détacha enfin de Roland, ce fut pour lui saisir la main et y glisser un bracelet de cuivre aux motifs floraux qu’eux-deux avaient trouvé sous un porche de la vieille ville quelques jours plus tôt.
« Deviens un grand mage pendant mon absence, d’accord ? »
Ils séchèrent leurs larmes, le frère acquiesçant sans conviction – ce bibelot brillant lui parut peser une tonne, un poids plus lourd à porter que d’innombrables sacs de graviers.

« Je te le rendrai, à ton retour. »
Il avait murmuré, et c’est à peine si sa sœur l’avait entendu, à défaut de le comprendre. Ils n’avaient pas besoin de mots pour cela. La silhouette blanche de la cathédrale surplombait l’orphelinat, et dessinait une ombre volatile sur les frusques de Cécilia, prêt à sacraliser un départ déchirant.  
Enfin elle lui sourit et tourna les talons pour les années à venir. « Prends soin de toi. »

Le vent souffla, aiguisé.

Il attendit, comme ça, sans bouger ni penser. Il attendit qu’elle ne fût plus en vue, que le soleil s’éteignît comme son esprit. Il attendit que chacun eût quitté la place, sans gémir. Il attendit simplement que la douleur cessât : en vain.
Alors il se mit à courir dans ses habits de misère, traversa les canaux jusqu’au quartier des mages, bondit pour franchir une caisse. Il courut par delà les cités, un ruisseau, par delà sa clairière. Il courut jusqu’à n’en plus pouvoir, que ses muscles hurlent, que son visage se fasse plus rouge qu’une tomate trop fraîche.
Il courut sans regarder devant lui, sans s’inquiéter des gouvernantes de l’orphelinat, sans s’inquiéter de son avenir. Il courut comme si sa vie en dépendait. Et ce qui devait arriver arriva.

Au détour d’une ruelle du quartier commerçant, il percuta un homme sans le renverser ou même l’ébranler. Sans doute n’en avait-il pas la force, et manqua d’ailleurs lui-même de chuter sur les fesses tant le choc l’avait surpris.

« Excusez-moi, je-... » Un elfe. De longues oreilles pointues, des cheveux argentés caressant un visage trop effilé et des pans d’étoffe blanche. Les mains perdues dans de larges manches brodées d’or, il posait sur l’enfant un regard accusateur. Etrangement, il n’était pas si beau, derrière sa toge épousant un corps aussi long que squelettique, mais sa seule présence suffit à faire plier l’orphelin.
Plus encore, il pensait le connaître.

« Suis-moi, petit. »
Et il pivota en jouant de ses attraits luminescents, dévoilant quelque anneau enchanté à son doigt pour inviter le garçon à recouvrer ses esprits et surtout marcher à ses côtés.
Sa parenté ne lui serait révélée que plus tard après qu’il eût foulé Rauros du pied, admiré les joyaux et ouvrages de l’érudit – son oncle, obtenu son diplôme et rendu à l’Urbaine ses espoirs insoupçonnés.






Roland ouvrit les yeux et glissa péniblement un doigt sur son visage, lacéré par le gangrefeu. Sa gorge sèche l’irritait plus que de raison et l’avait sûrement tiré de son sommeil. « Qu’est-ce-... »
La bougie qui éclairait tantôt une vieille revue hurleventoise s’était éteinte depuis longtemps, comme la bibliothèque apparut complètement vide ; il s’était endormi par inadvertance. Roulant des épaules, le sorcier en herbe rectifia les plis de sa robe violette et voulut reprendre sa lecture, ou du moins se rappeler ce qu’il avait entrepris avant de sombrer.

Une comète s’est écrasée au fond du lac miroir. Les murlocs ont commencé à attaquer les charrettes sur la route.

Un livre ouvert à côté énonçait les symptômes de la démence et des terreurs nocturnes. Aussi le  demi-elfe repensa aux mots de son collègue de la tour, prononcés la veille au soir : « A trop en faire, tu vas te retrouver avec des cheveux blanc. » Plutôt ironique.
En saisissant une mèche de ses cheveux à jamais déteints, plus noirs encore que la suie, il s’arrêta sur son bracelet de cuivre. Celui que lui avait offert sa sœur en échange du sien, à son retour.

Et malgré lui, il sourit. La vie continuait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Un bracelet de cuivre
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» bracelet pour ma cherie
» Cuivre en masse!
» ecu de cuivre poli
» Chaudron à Cuivre Magique
» Mahori, panda terre.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Rétribution :: Le campement :: Le feu de camp :: Histoires-
Sauter vers: