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 La lumière qui dansait

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Aile Belreven
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Date d'inscription : 19/06/2017

MessageSujet: La lumière qui dansait   Mer 1 Nov - 17:19

La lumière dansait.

La lumière du soir dansait, dans un ciel de velours violacé, de soieries roses, éclatant de la terne brèche entre les nuages noirs. Présage lointain de lendemains venteux, les teintes jetées à la volée comme sur une page, pour en effacer la sinistre blancheur.
La lumière du soir dansait et on y voyait dans les voiles ardents l’avancée plus douce de la nuit, d’un bleu presque noir, qui se profilait et découpait chacun des fabuleux faisceaux. Les nuages, à l’orée de la brèche, se cousaient d’or, de fauve, de couleurs si éblouissantes, si absurdes, qu’ils semblaient, l’espace d’un court instant, s’embraser à la surface d’un feu merveilleux, magique, étrange aussi, aux flammes évanescentes et volatiles.
Dans ce brasier insensé de couleur, le soleil baissant dans toute sa gloire menait son dernier baroud contre le voile étouffant de l’humidité nordique - et de l’intérieur, la transparence dessinait la carcasse du ciel.

Puis l’illusoire ossature disparaissait. Un dernier tourbillon de corolles de lumière en fusion, et le jour était finalement avalé, vaincu, dans la gueule obscure que formaient les masses nuageuses entortillées. Le soir, enfin, était venu.

Gris, tout était gris. Seule la lueur des feux de camp, disséminée çà et là, parvenait à léguer un peu de chaleur et de vie à ce qui les entourait, en nimbant d’un halo orange l’objet de leurs conquêtes sur la grisaille ambiante.

Je n'étais pas de ceux qui croient aux superstitions. La vue des citrouilles taillées, illuminées de gentilles petites bougies, ne me tirait qu’un haussement d’épaules.
J’en souriais pourtant - peut-être en aurait-t-il sculpté une, et à quoi -à qui- aurait-elle alors ressemblé ? et c’était un sourire triste, un sourire fier, un sourire qu’il méritait bien, davantage encore que des larmes.
Je n’avais pas de citrouilles et n’en voulait pas. Je regardais le soir continuer de trébucher sur la nuit proche depuis sa tente, que j’avais désormais investie.

La magie permet tant et tant de choses, et de l’esprit naît mille merveilles, lorsqu’il a le bonheur de vagabonder librement.

La lumière du soir qui danse…

Mille milliard de lumières. Le Jour des morts tombait pour laisser place à la nuit. Pouvait-on lui donner le même qualificatif ? Je le croyais.

On dit que le Jour des morts, les deux plans de l’existence que sont la vie et la mort se rapprochent jusqu’à presque s’enlacer. On dit qu’alors les morts reviennent, et se réjouissent de nos offrandes. Et il y avait effectivement quelque chose de changé, dans l’air, comme si toute chose, soudain creuse, se voyait toute emplie - comme si, eh bien, l’avers d’un monde plat venait enfin affleurer à sa propre ombre. Il y avait des ombres, que les feux faisaient danser une gigue démente, des ombres que mon esprit esseulé dessinait de formes humaines, de bras entremêlés, de robes enchevêtrées; comme on dansait, dans les cimetières, le Jour des morts !
Mon feu s’était éteint. Je l’avais laissé à l’agonie, une longue, très longue agonie, et il n’y avait plus que les volutes de fumée pour danser autour de moi. Pourtant…
Il y avait quelque chose de changé dans l’air.

Une à une, d’une petite flamme orange, ourlée de rose, toutes les bougies plantées autour de la tente se sont allumées. Une à une, comme une constellation née de la terre et non du ciel, comme un ultime écho du soleil mourant. Leur éclat ne rivaliserait jamais avec celui des feux; aucune importance. La timide lumière dessinait les contours des offrandes posées près des cendres, rien de plus que quelques friandises, ramenées de si loin que leur exotisme leur donnait un air un rien déplacé.

J’ai fermé les yeux. Le reflet des mille chrysanthèmes d’or que la magie dessinait dans l’air, d’un dernier flamboiement, a achevé de donner une texture nouvelle à la solitude.
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