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 Contes et légendes

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Helios
Mercenaire
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Messages : 584
Date d'inscription : 24/08/2013
Age : 22

MessageSujet: Contes et légendes   Jeu 14 Déc - 19:27

Citation :
« L’Honorable est silencieux. »


En ces temps où les vergers fleurissaient encore dans un royaume perdu et absent de culture, une famille de lynx vivait à l’orée des bois. Un père autoritaire, une mère aimante et leurs trois enfants profitaient chaque instant des fruits et gibiers qui s’offraient à eux comme d’un fugace temps de paix, tandis que leurs rivaux se tenaient éloignés des beaux gîtes.
Le premier né, nous l'appellerons Soleil, rayonnait en effet tant il surclassait son cadet en tout : beauté, grandeur, mais aussi force et astuce.
Le second, Étoile, rêvait d’un monde idéal où il ne serait plus nécessaire de chasser aux aurores, souvent moqué pour sa candeur.
Leur sœur associée à la Lune blanche n’était que douceur et partageait avec sa mère l’amour des jours fastes.

Tout allait pour le mieux dans le meilleurs des mondes. A une exception près.
Aussi parfait fût-il, Soleil souffrait de son propre éclat, aimait à contempler son reflet dans l’eau trouble des ruisseaux, prouver sa bravoure en rapportant toujours plus de vivres aux siens, parfois sans en avoir l’usage. Sa propre valeur, il semblait vouloir l’inscrire au ciel, et pensait mener un jour son clan à la gloire.
Or son père avait bien compris la nature de ce mal : Narcisse. Le mit régulièrement en garde, face à l’amour qu’il portait à son être même ; sans parvenir à éveiller en son fils autre chose que de la jalousie.
Car aussi parfait fût-il, Soleil suscitait la crainte de ses pairs ronronnants, et d’aucuns préféraient le caractère doux d’Étoile en ce qu’il savait penser au groupe, par delà sa propre réussite. Et de cette absurde inégalité naquit en l’aîné la certitude que son frère raflait tous les honneurs.

Il s’interrogea donc. Que lui manquait-il ? Son pelage comptait parmi les plus brillants, son regard les plus perçants. Sa patte parmi les plus lourdes.
Simplement il regrettait d’être né hors guerre. Autrefois, coyotes et chats se disputaient le territoire, certainement trop petit pour accueillir ces fauves que le destin toujours opposait. Moins nombreux, les nobles félins avaient alors quis l’aide des astucieux singes de la jungle qui parvinrent à repousser l’ennemi jusqu’aux confis du pays.
« C’est cela ! » S’écria-t-il. Il devait retrouver ces coyotes et les vaincre pour prouver sa valeur.

Accompagné d’une poignée de chats parmi les plus robustes, l’aîné des fils partit guerroyer à la seule force de ses griffes. Bien sûr et pour magnifier sa réussite, il ne jugea pas nécessaire de prévenir le reste du clan, qui pourtant souffrit de son départ, craignant qu’il ne lui soit arrivé malheur.

Les chiens roux avaient élu domicile près d’une rivière jouxtant l’aire de chasse des tigres du Sud, et, forts d’un maigre aperçu de l’opulente forêt, se souciaient plus de satisfaire leurs enfants que de craindre le courroux de leurs vieux rivaux.
Ainsi donc, Soleil les trouva. Fit couler le sang des jeunes et des vieux et rentra victorieux au roc des lynx, traînant la patte du chef coyote aux pieds de son père.
« Voici mon honneur ! » Annonça-t-il, la gueule encore dégoulinante.

Pétri d’orgueil et rassuré par l’authenticité de son trophée, il ne put appréhender la colère sourde du chef de clan. Encore moins l’effroi pulsant des yeux fendus de sa mère.
Il revenait certes indemne et non moins brillant qu’à sa naissance, mais ce n’était pas le cas de ses compagnons ; beaucoup avaient succombé à leurs blessures, ou face aux crocs vengeurs des loups. Sacrifiés pour l’orgueil d’un seul félin.
Mais le dégoût qu’inspirait aux parents la folie de Soleil n’entacha pas pour autant l’amour qu’ils lui portaient. Tous deux attribuèrent ces accès à sa jeunesse, et décidèrent après d’intenses remontrances de jeter l’éponge.

Les semaines passèrent sans que l’aîné ne parvienne à oublier. Il avait parcouru tout ce chemin, risqué sa vie, et même vaincu pour n’être que dédaigné à son retour ? Intolérable.
D’autant plus méfiant à l’égard d’Étoile, il surprit une conversation de ce dernier avec son père, alors que le crépuscule marquait le début de la chasse.

« Je ne suis pas certain qu’il soit digne de prendre la tête du clan. » Il hésitait.
C’en était trop.
Soleil attendit le lever de l’Astre pour défier son frère en duel. D’une manière ou d’une autre il devait restaurer son honneur d’héritier. Comment pouvait-on médire à son sujet ; dans son dos ; chez lui ? Lui qui était meilleur dans tous les domaines. Le rival incrédule accepta sans comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire, et pensait naïvement prendre part à une joute amicale.
Mais la sauvagerie prenant le pas sur sa dextérité, l’aîné frappa. Frappa encore. Frappa jusqu’à ce que son adversaire morde la poussière, le pelage rougi par d’importantes contusions.
Lune sa sœur l’empêcha seulement de porter le coup de grâce, recevant au passage quelque douloureuse cicatrice que jamais elle n’oublierait.

Témoin du désastre, le père gronda alors : « Tu n’es qu’un imbécile ! Alors qu’il renonçait à son héritage pour te laisser nous guider. Alors qu’il t’aimait plus que quiconque, te défendait même face à ta mère. Tu as essayé de le tuer ! »

Soleil fut aussi frappé de stupeur en réalisant qu’il avait laissé la colère l’envahir. Il bredouilla des excuses, voulut se justifier. Mais il était trop tard, et la vue du corps tremblant d’Étoile excitait encore ses pulsions.
« Nous te chassons dès à présent du territoire. Disparais, car tu n’es plus mon fils. »

Bannir son aîné, sa fierté. Il n’y avait rien de plus douloureux pour un père qui d’ailleurs ne sut jamais refermer la plaie au cœur de sa compagne.
Pensant être dans son bon droit, Soleil fit valoir la devise du clan : « Mon honneur est pourtant sauf ! » sans comprendre que la seule vertu qu’il avait à cultiver lui manquait encore. L’humilité silencieuse connue de son frère.

Il partit alors dans la honte, proférant maintes menaces, creuses.
Et plus jamais on ne le revit.
Le Soleil des lynx fit place à d’innombrables étoiles.


Dernière édition par Helios le Sam 10 Fév - 1:48, édité 1 fois
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Helios
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MessageSujet: Re: Contes et légendes   Lun 29 Jan - 1:01

[Un vieux texte que je ressors des archives de la garde]

Citation :
Les Origines du Dragon d'Argent

Selon Renald Ciayter
Elizabeth Ciayter
Citerio Brumaurore


   Revenons à présent sept siècles en arrière.
L'on dit de Fiacre Ciayter qu'il fut jadis un fier guerrier, reconnu et jalousé de part et d'autre du Royaume, en dépit d'une modeste ascendance. Il côtoyait alors un petit bourg à flanc de montagne, plus à l'ouest et officiait comme forgeron, faute de pouvoir rejoindre la milice locale, étant le quatrième fils de son père.
Il se trouve que cette petite baronnie était régie par une famille de petite noblesse Lordaeronnaise, représentée par un père et sa fille dotée d'une si grande beauté qu'aucun homme n'était autorisé ne serait-ce qu'à l'entrevoir. Ainsi la courtiser paraissait impossible.

Un beau jour, alors que les vergers fleurissaient, les marchés allaient bon train et que le forgeron recevait la visite quotidienne de ses trois frères aînés, la nouvelle circula. Un jeune homme au physique irréel s'était rendu en la demeure du Baron afin de faire sien sa fille de gré ou de force. Comme de juste, la nouvelle de l'annonce du régent se répandit comme une traînée de poudre : L'étranger s'étant emparé de la chair de sa chair, celui qui parviendrait à libérer la belle obtiendrait sa bénédiction, de même que la reconnaissance de la haute.

Les trois frères, vaillants combattants munis d'armes fraîchement forgées répondirent à l'appel et joignirent les montagnes successivement.
Le premier revint bredouille.
Le second se replia avant de succomber à ses blessures.
Le troisième ne donna plus signe de vie.

Tous ignoraient ce qu'ils s'étaient engagés à combattre et l'imaginer simplement les terrorisait.
Fiacre n'était pas réellement intéressé par cette donzelle mais l'idée d'abandonner là son frère à son sort le révoltait.
Équipé de sa dernière création, une simple lame bâtarde, le forgeron se rendit à son tour dans les monts, marchant de longues heures dans le froid des hautes cimes, se frayant un chemin parmi les crêtes.

Alors qu'à chaque pas l'espoir semblait s'évanouir, il croisa sur sa route une fine lame courbe de sa confection, jusqu'alors portée par le plus âgé de ses frères.
Ainsi, il ne tarda pas à retrouver le corps lacéré de ce dernier, baignant dans son sang, affichant un masque mortuaire livide. Il était arrivé trop tard.
Perché sur un pic, ses cheveux argentés poussés par la brise, le coupable irradiait de splendeur véritable, et de candeur immature. Une innocence telle que l'imaginer se prêter à un tel carnage était tout bonnement invraisemblable. C'est donc perplexe que Fiacre lui permit de prendre la parole.

« Vous vous ressemblez » lui lança-t-il d'un ton doucereux. « Serais-tu le frère de ces deux individus ? L'autre était d'une faiblesse affligeante, mais celui-ci s'est bien battu, honore le, emporte sa dépouille. » D'une griffe il la lui présenta.

Mais Fiacre dégaina, prêt à perdre la vie face à un danger dont il ne décelait pas la source, déterminé à l'idée de venger son frère. Le jeune homme, tout sauf menaçant bailla l'espace d'un instant.

« Ce combat m'a épuisé, je ne tiens pas à te tuer, à quoi bon s'obstiner ? »

Le forgeron ne broncha pas jusqu'à ce que l'assassin, esquissant un léger sourire se décide à prendre sa véritable forme dans un tourbillon d'énergie pure. Un dragon aux écailles argentées et au regard d'acier. Des griffes de la taille d'un bras et des crocs déchirant même le roc. La lutte était clairement inégale, perdue d'avance. Mais malgré cela, Fiacre ne perdit pas espoir. La créature le dominait par la taille, mais deux combats acharnés l'avaient considérablement affaiblie.
Passant habilement au travers des coups de patte du reptile, il aperçut brièvement une faille dans sa cuirasse naturelle, les écailles du cou endommagées par les lames familiales étaient selon lui une faiblesse à exploiter.
L'humain astucieux, sans hésitation, contourna la créature pour, en un geste, abattre son adversaire. Celui-ci parvint quelques instants à articuler de sa voix caverneuse avant de s'écrouler, la nuque nettement entamée.

« Je te maudis, toi et ta famille. Tu te marieras avec cette fille, oui, mais vous mourrez jeunes. Tu auras deux fils, le premier héritera de tes terres mais succombera sous la lame du cadet qui vivra dans une solitude éternelle. » Ainsi avait-il parlé.

Libérant la sublime captive, sans doute destinée à rejoindre le repas du prédateur mortel, Fiacre resta cependant là, contemplant son œuvre, interdit. L'on dit alors qu'une voix intérieure le poussa à ôter son armure et se baigner dans le sang du terrible reptile. C'est ainsi que ses cheveux et ses yeux empruntèrent cette teinte argentée faisant plus tard la fierté des Ciayter.
C'est avec la tête du dragon qu'il retourna au village, adulé malgré son apparence dénaturée. Fiacre se maria alors avec la fille du Baron et eut en effet deux fils, Shneizel et Plutos. Ses exploits résonnèrent dans tout Lordaeron. Fait Vicomte, il choisit pour emblème familial le dragon argenté à l'origine de sa célébrité.




Connue principalement des représentants de la famille (transmise de générations en générations) citée ci-dessus et de la noblesse Lordaeronnaise, fort appréciée (notamment pour son caractère merveilleux et légèrement classique, s'approchant davantage du conte que de la pure légende) auprès des Bardes, de passage ou non, humains ou non, qui ne tardèrent pas à la transmettre ci et là, partout dans le Royaume de l'Est.

Cependant, personne en Azeroth ne pourrait en certifier la véracité, le dragon aurait très bien pu n'être qu'un simple brigand ou encore un sorcier de passage, la teinte des cheveux ne résultant alors que d'une exposition aux énergies mystiques.
Il n'en existe aucun de ce type.

C.
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