Rétribution

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 Arrivée et départ

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Helios
Mercenaire
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Date d'inscription : 24/08/2013
Age : 22

MessageSujet: Arrivée et départ   Ven 29 Déc - 15:01

Citation :

Une hirondelle chantait sur le rebord de la fenêtre, projetant des nuées assourdissantes par intermittence.

« Rétribution ? Jamais entendu parler. Findol consultait rarement son cousin Sinthael, moins encore lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions importantes. Mais cette fois, c’était différent. Le visage auparavant tiré de l’érudit s’était éclairé à l’annonce du départ de son Seigneur.
Car il savait que ce même départ lui promettait une position très avantageuse en Rauros, celle de gouverneur ou régent. Plus un vulgaire administrateur cloîtré dans sa tour ; quoique cette activité ne  fût à terme pas si désagréable.
En outre ils s’étaient rassemblés au plus haut étage du manoir, une terrasse donnant sur les environs de fort-Maelon et le petit bourg Cimétoile. Quelques elfes curieux avaient rejoint l’enclave et fui le confort des rues au profit d’une contrefaçon thalassienne, vraiment il n’y avait pas de quoi être fier. L’auberge de la Harpe d’or venait d’ouvrir ses portes, mais s’il n’y avait pas de voyageurs réguliers pour la fréquenter, elle aurait fait faillite dès les premiers jours.

- Nous en avons besoin. Sur ce point, il n’avait pas tort. Depuis près de dix ans, les têtes de la maison Elensar se démenaient pour relancer le commerce des artefacts, avaient même ouvert une succursale à Hurlevent, mais rien à faire. La stabilité des rentrées d’argent seule permettrait d’investir sans craindre la ruine : Il le fallait. Les composants d’enchantement coûtent extrêmement cher, et l’idée même de revendre l’héritage plusieurs fois millénaire de leur famille répugnait autant le magistère que son remplaçant.

- Mais alors, quand pars-tu ? » L’enchanteur aux cheveux ondoyants lissa délicatement son sourcil droit, désignant du doigt la position approximative de la cité humaine. De toute évidence, c’était pour bientôt, et Sinthael sentit qu’il était futile de quémander d’autres informations.
De toute évidence ; demain ; il aurait la main mise sur le domaine.
Et cette perspective tintait encore tendrement à ses oreilles.

Findol se figurait un avenir glorieux par delà ces contrées vulgaires. Par delà ce terne reflet du royaume idéal. Un domaine plus florissant et sublime que Rauros ne le serait jamais. Même le déchu Elrundil ferait pâle figure face à cette image de la perfection, un faisceau de rayons iridescents bordant son nouveau palais.
Il n’était pas question de perdre plus de temps avec ces gueux sans sou ni noblesse, s’efforcer à maintenir un semblant d’économie dans un « fief » sans valeur ni réelle populace pour le servir.
Il devait voir les choses en grand.

Si pour échapper à l’avilissant quotidien d’un petit seigneur de province il fallait côtoyer les bas fonds de la société humaine. Alors il était prêt à faire ce sacrifice.
Et puis il ne resterait certainement pas longtemps auprès d’eux. Deux ans peut-être trois, un battement de cils dans la vie d’un elfe, trop court pour s’y attacher. Il mènerait ces déchets à la baguette, et rien ni personne ne l’empêcherait de croiser son destin : cet horizon doré. Jamais il ne plierait l’échine face à un humain, car les us militaires le placeraient vite dans leurs bonnes grâces.
Il en était convaincu.

Dès demain. Il serait mercenaire.



Dès demain. Il quittera la compagnie.

Findol caressait la surface rêche d’une statuette dans sa cabine, bientôt vide de tout passage. Il se souvint de son premier départ, de la lame ensanglantée d’un boucanier le rappelant à l’ordre, en dépit de tous ses pouvoirs. Il se souvint du mariage des Dernahk et des plaines fertiles de Pandarie. Il se souvint aussi des cachots humides et froids de Croc-du-worg, plus encore de ses longues conversations au clair de lune, de la douleur ressentie à la vue de la tête d’un camarade roulant à ses pieds.
« Les gens auxquels je ne suis pas liés, je m’en contrefiche. » Il ne l’était pas, et pourtant.
Quelle infamie. Ces longs mois passés aux côtés des humains muaient en années, et les campagnes s’enchaînaient sans discontinuer. Le voilà Lieutenant. Officier supérieur d’une compagnie de baroudeurs minables.

Depuis un hublot se dessinerait bientôt la cité accompagnant l’annonce de sa retraite, et le repos. Enfin ; il ne comptait pas attendre la fin de ses jours passivement ; pas à son âge.
A force de côtoyer les races jeunes et frôler la mort, il avait acquis l’humilité. De nombreuses blessures certes, autant de cicatrices, mais surtout la certitude qu’il finirait à terme par leur ressembler, se sentir honteusement vieux et dépassé par les événements.

Mais il n’était pas humain.
Il devait donc partir.

Passant une main sur son visage pâle, il aperçut un reflet brisé dans le miroir et se souvint encore. Il se souvint de Draenor ainsi que de ses longues et stériles conversations avec le sorcier veille-ombres. Il se souvint de Havreport et des hautes-terres d’Arathi, de la peste insidieuse ravageant ses voies respiratoires. Il se souvint de la mort tragique de son apprenti Luderick qu’il tenait à voir grandir. La vue du corps d’Isariel, étrangement serein puisque libre de son joug. Il se souvint des îles ; de la barque de Trécnant brillant à l’horizon d’un bûcher salutaire. Sa mine se fendit alors en un sourire fugitif.
Il y avait aussi son fils, Etheran. La redécouverte de Rauros, restaurée. Riche d’un nouvel éclat. Un avenir qu’il n’avait su entrevoir malgré ses visions. Puis la jeune Minhalet, son apprentie bourrée de talents.

Il se souvint du tombeau, de la peur.
Il se souvint de Vash’nor et son empreinte sépulcrale.

Quelque chose en lui s’était brisé. Par deux fois il avait choisi la voie de la rédemption. Par deux fois il avait échoué à changer, du moins en profondeur. S’il était certainement devenu meilleur et confiant de sa propre impuissance, il devait aller de l’avant. Comme les meilleures choses ont une fin, son histoire auprès de la Rétribution devait cesser. Un seigneur, aussi déchu soit-il, doit savoir tourner la page quand l’opportunité s’efface.
Et le commerce avait repris.
Il n’avait plus d’attache.
Seuls les souvenirs demeureraient.

Rien ne parvint à ébranler ses convictions.
Il devait donc partir.

La mouette prit son envol.
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