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 L'idylle désaccordée

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Helios
Mercenaire
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Messages : 622
Date d'inscription : 24/08/2013
Age : 22

MessageSujet: L'idylle désaccordée    Lun 12 Mar - 21:11

Citation :
Je bondis sur mon fier destrier, arrachant une plume d’oie pour décorer mon chapeau – et la remerciant gracieusement. Je chantai l’amour en franchisant la cour du château, des rossignols y répondant et lyres aiguës fleurissant comme le Soleil au levant. Ma langue claquait sur mon palais, ponctuée de sons gutturaux propices au désir le plus fin. Un fond de grillons excitait ma verve, baladait ma poésie autant que les semences bientôt mûres.

« Belle reine, accepte mon doux baiser ! » Elle aussi répondait à mes envolées depuis son balcon à l’encadré d’or pur. A ma vue elle bondit, portée par la main des arts et de fait sauve. Ses boucles blondes glissaient dans l’air comme s’il l’eût enlacée. Mais je fus le seul à la saisir. Près des chênes et châtaigniers, loin des roses et fraisiers dont elle tirait son enivrant parfum, couronnés de phalènes délicats, nous fûmes enfin réunis.
Alors je l’embrassai.

Comme dans un rêve nous quittâmes son donjon pour l’horizon glorieux des contes, suivis d’un divin cortège de cerfs et écureuils projetant sur nos ombres de précieux pétales.





Plus tard nous étions allongés sur un parterre de fleurs, au bord d’un ruisseau contenu et bordé de murets en pierre blanche, moi grattant une harpe au rythme des clapotis et gazouillements des oiseaux d’été, elle m’écoutant, déclamant sans honte quelle extase nous étreignait.
L’idylle ne connaît aucune fin quand elle bourgeonne en mon esprit – celle-là donnait un sens à chaque bruit, chaque mélodie et les odeurs. Quoique la musique n’ait pas d’humeur que le nez attende, je reniflais son soufre.

Ma belle se redressa, pencha près de l’eau pour attacher à son châle une fleur de lotus fraîchement cueillie, sûrement poussée par le courant. Je la vis coquette, contempler son reflet dans l’eau claire et s’en caresser le visage. Ses doigts glissaient sur sa peau de pêche sans jamais blesser, traçant une unique bande de lumière sur ses pommettes plus chaudes que les scories ardents.
Je brûlai de la posséder.
Mais un hurlement me glaça, cependant qu’une gangue de pierre la recouvrait et que la source succédait au magma. Mes sentiments étaient-ils si affreux qu’ils auraient causé sa mort ?

Lorsque je cherchai à l’effleurer, elle s’effrita comme le sable et s’écoula à mes pieds, calcinant mes bas et annihilant toute trace de virilité, j’étais à présent castré.
Vierge de tout désir carnassier – une pauvre hère.

Quand une corde rompt, on ne peut plus chanter les amours candides.
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