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 Dans l'armoire

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Helios
Mercenaire
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Date d'inscription : 24/08/2013
Age : 22

MessageSujet: Dans l'armoire   Mer 13 Juin - 15:50

Citation :
L’Ombre du mur


Jadis, une glorieuse cité hébergeait son peuple élu ; les Éternels ; préservés du grand âge par une source de jouvence, elle-même entretenue par des Seigneurs et leur grand Ordonnateur. Conscients du privilège, ils avaient passé de nombreuses années à se cultiver, et leur érudition ne connaissait aucun précédent. Ces hommes de culture et puissance, pourtant, comptaient aussi des maisons plus modestes, familles profitant des beaux jours pour élever leurs enfants, cultiver les fruits dans la bordure. Ceux-là n’avaient toujours connu que plaisir et mets délicats, quoiqu’il n’eussent jamais côtoyé les palais, et s’en contentaient aisément.

Or et Argent, tout particulièrement, avaient grandi dans un quartier voisin des grands jardins et passaient le plus clair de leur temps à jouer, intervertir leurs vêtements au grand dam de leurs parents ou danser sous la Lune. Bien qu’ils fussent jumeaux, il n’était pas difficile de les différencier ; l’un ayant dans ses yeux toutes les richesses du monde, tandis que l’autre d’opale rêvait d’aventures. Ainsi vivaient-ils sans souffrir du temps, dans un foyer tranquille où l’amour régnait en maître.
Mais cela ne pouvait durer.




Les Éternels faisaient face à un dilemme. Puisque ni la vieillesse, ni la maladie ne les pouvait atteindre, la population augmentait. Bientôt, leur source ne suffirait plus à subvenir aux besoins.
Alors, le grand Ordonnateur rassembla ses conseillers et conçut l’idée d’un nettoyage. Des gens du peuple n’apportaient rien à la collectivité, et devaient être chassés. Bien sûr, aucun d’entre-eux n’accepterait d’abandonner son immortalité et, la question soulevée, il fut enfin décidé de livrer au glaive ces inutiles avides de facilité.
Un Seigneur en particulier fut chargé de les traquer, et abattre. Le plus cruel. Le plus terrible.
De nombreux foyers furent ainsi investis, souillés par les armes et le sang.




Or et Argent dormaient encore lorsque leur mère entra en trombe dans leur chambre, et leur intima de se cacher dans un placard en cèdre. Bien qu’elle eût souhaité les serrer contre elle et pleurer de tout son saoul, le temps pressait – ils l’écoutèrent donc, et s’enfermèrent cependant que des pas lourds résonnaient dans le couloir. Un homme en armure ouvrit la porte et se trouva nez-à-nez avec la pauvre femme en pleurs. Comprenant qu’il se trouvait dans une chambre d’enfants, il lui ordonna de les découvrir, ce qu’elle refusa. Et ce fut son dernier refus, car le glaive du Seigneur trouva bientôt son cœur.
Elle rejoignit son époux dans la douleur.

Or et Argent virent à travers la fente de l’armoire leur mère s’effondrer, et l’exécuteur chercher des traces sous le lit qu’ils partageaient jusqu’à aujourd’hui. Leurs mains tremblaient de peur, mais rien n’eût pu rivaliser d’intensité avec la vision de celle qui les avait mis au monde, morte et ensanglantée – un déchirement jamais oublié. Très vite, il se tourna vers leur cachette, l’ombre de ses doigts peignant des crocs affamés sur le mur. Le moins noble des garçons se mordit la lèvre inférieure et ferma les yeux, sentant la prise de son frère sur sa main s’affermir.

« Je vais le faire. » Lui chuchota-t-il, avant de se lever et sortir, seul.

Or avait peur, bien sûr. Autant qu’un enfant le pût en présence du corps de ses parents et de leur meurtrier – ses jambes menaçaient à chaque instant de se dérober. Mais il savait son frère autrement plus terrifié, et la présence d’un lit unique suffisant de couverture, il jeta un regard de défi au Seigneur, approchant la lame de son front. Ce dernier s’immobilisa tout-à-fait, consultant sa mémoire, s’émerveillant devant l’éclat précieux de ses pupilles.
D’aucuns disaient que certains enfants naissaient avec un attribut particulier, leur promettant un destin incroyable, et l’abattre eût sûrement jeté sur lui un mauvais augure.
Au contraire, il lui semblait qu’un élément prometteur plairait au grand Ordonnateur.

Il lui tendit la main. Or s’en saisit, et ses craintes s’évanouirent.
Tous deux laissèrent un Argent roulé en boule, sanglotant dans son armoire.
Le lendemain, il pleurait encore.
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