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 Rien qu'un soldat

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Glenn Oldman
Mercenaire
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Messages : 28
Date d'inscription : 04/11/2017

MessageSujet: Rien qu'un soldat   Jeu 9 Aoû - 17:54



Il était si tôt quand nous avons jeté l'ancre ce matin, que nous peinions à savoir vraiment où nous avions accosté. Heureusement, nous avions tous su quelques jours auparavant que les nombreux navires avaient pour mission d'appareiller vers le Nord, au large des cotes Lordaeronnaises: celles qui faisaient face a cette cité gigantesque que je voyais de mes propres yeux pour la première fois. Ma mère n'avait en rien exagéré le caractère impressionnant de ces ruines, qui même soumises aux forces reprouvées, demeuraient d'une splendeur telle que pour le jeune soldat que j'étais, il m'eut été   difficile de ne pas marquer un arrêt tant mon admiration était évidente. Je m'étais même pris à imaginer comment la vie devait être à l’époque ; je voyais défiler sous mes yeux des silhouettes aux couleurs vives, repeignant la désolation actuelle d'un tableau idéaliste. Gilnéas, comme je l'ai connue, avait tout a lui envier.
         A Hurlevent, le discours quelques jours plus tot de Madsen m'avait électrisé. Il faisait parti de ces nombreux vétérans qui se battaient pour cet unique but qui était le mien par procuration ce matin d'été. « Bats toi pour deux hommes, Oldman », m'avait-il répété sans cesse jusqu'à l’embarquement où il vint me faire ses adieux, la voix teinte de la frustration de ceux qui ne peuvent plus se battre. Et même si j'étais en capacité de me battre, au moins pour un seul homme sans faillir à ma tache, ce sentiment était lui aussi en moi, bien plus présent que la peur toute naturelle de ne jamais me relever de ce champ de bataille, où au contraire, me relever de la pire des façon.
         J'avais quitté le tabard à l'ancre dorée de la marine de l'Alliance pour me parer de bleu, et gravir un piètre échellon dans les rangs des troupiers. Je n'étais à présent plus matelot, et les autres m'appelaient Caporal Oldman, me reconnaissant parmis les leurs, en véritable sujet de l'Alliance. Au fond de moi, j'aurai aimé qu'à l 'issue du combat à venir, l'on ne m'appelle plus du tout. J'aurai aimé ne jamais me relever.

JAMAIS.

         L'offensive fut lancée dès les premiers prémices du jour. Enhardi par les cris de guerre, l'élan patriotique et le nombre inimaginable d'alliés que nous étions à combattre ensemble, je m'engageais sans me soucier de mon sort, sabre au clair, parmi les lignes qui déferlaient tel un raz de marée sur les terres rouges d'ennemis.
         Sans compter, j’abattis nombre de trolls, de gobelins, d'orcs à grand renfort de lames, et nous prenions le dessus sans se soucier sur quels corps il nous faudrait marcher pour prendre avantage sur la Horde. Je me suis interdit de regarder à mes pieds, c'était probablement la meilleure chose à faire. Si j'avais reconnu ne serait-ce qu'un visage, un tabard familier sous mes pieds, tout aurait été fini pour moi et je n'aurai eu qu'à m'allonger en attendant mon sort, dépourvu de tout mes moyens.
         Nous avons combattu durant des heures, prêt a une victoire qui nous semblait évidente, et alors que nous approchions des portes de la cité, nous nous imaginions déjà tous rentrés chez nous, bien heureux d'en avoir fini, et que ce ne soit qu'un assaut éclair.
         Je rentrerai alors chez moi, et trouverai un moyen d'effacer mes erreurs. Je cesserai probablement de me comporter comme un odieux connard et trouverai un moyen de me racheter auprès de toutes celles que j'ai offensé, Dolvanis en premier. Je profiterai de ce temps de paix pour célébrer la victoire, m'assurerait qu'Oswin se porte bien là où elle se trouve, et irait en finir avec cette chasse au nécromancien, une bonne fois pour toute, si elle me le permet encore. Et puis je boirai mon saoul, puisque jamais je ne changerai. Mais mon père serait fier de ce que j'aurai accompli, et enfin j'aurai vengé Ingrid de cette abomination banshee, qui ne mérite que de tomber de son trône.

         C'est son cri, qui me perça les tympans et me fit sortir de ces quelques secondes de torpeur que je goûtais jusqu'alors. Ce cri déchirant nos âmes au plis profond de nos entrailles, accompagné sur sa fin, du grincement des lourdes portes de la cité. Alors, de là, nous assistâmes a un spectacle que jamais je n'aurai voulu revoir : des dizaines de figures macabres et décharnées, armées de pompes et de masque à gaz se mirent à sortir des ruines, d'un pas aussi si lent que le temps nous semblait figé. Une dizaine, puis bientôt une petite centaine s'avança vers nous avant de commencer a répandre leur gaz de peste, et remplir le poumon de la première ligne de ce qui les privera de leurs derniers souffles.
         Aussitôt la retraite fut sonnée, et je sentais déjà mes sinus brûler et ma bouche se remplir d'un goût insupportable, tandis que je m'acharnais a courir au plus vite dans cette foule d'armes et de corps solides se bousculant pour fuir leur mort certaine. Si l'on se retournait dans la course, on voyant tout ces hommes tomber, comme le contre courant auquel nous ne nous attendions pas, nous rattrapant à vive allure. Rien ni personne n'était épargné, la peste emportait tout sur son passage : la végétation, nos alliés, nos ennemis... Je cru reconnaître le tabard immaculé que j'avais arboré avant de rejoindre à nouveau les forces de l'Alliance, mais j'y voyais si flou que je trouvais la la meilleure excuse pour me convaincre que ce n'était pas eux qui sombraient parmi les autres.
         Nous avons couru encore longtemps, sans que je puisse savoir combien de temps exactement, mais nous avons fini par être acculés, entre les flammes que nous avions projetées autant que subit durant les premières heures de l'assaut, la mer qui nous a vu débarquer, et ces atrocités qui projetaient continuellement leur gaz de mort qui bientôt nous encerclèrent.

         C'est à ce moment que mes genoux ont foulé le sol, sous le poids de mon corps qui se vit privé de ses forces. Ma vision avait fini par me lâcher, passant du trouble au noir complet, mon ouïe ne répondait plus, tandis que je ne sentais qu'en moi, l'insidieuse mort s'emparer du peu d'air qu'il me restait et commençait déjà a me ronger de l'intérieur .
Ma chute fut rapide, aussi rapide que je ne fut catapultée sur le front. Les derniers battements de mon cœur retentirent comme une armée de tambours, avant de se faire silence.
         Je ne fus pas témoin du film de ma vie, non. Je demeurais simplement immobile, flottant au cœur d'une eau noire et infinie, savourant enfin ce silence tant cherché, avant que des murmures ne vinrent à moi, tranchants comme un millier de lame et m'offrit un réveil des plus douloureux :


« Relèves toi, Oldman. »

         Là, comme une renaissance, mes yeux s'ouvrirent sur une scène floue, où il m'était incapable de distinguer quoi que ce soit. Mon corps entier me faisait souffrir le martyr, alors qu'il me semblait si lourd que je ne me sentais même plus respirer.




























Le sourire en demi teinte de Madsen me releva pour de bon.
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