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 Le beau monde

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Findol
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Messages : 566
Date d'inscription : 24/08/2013
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MessageSujet: Le beau monde   Jeu 5 Nov - 13:17

Première vue


Prenons un jeune héritier, beau comme un jour de printemps, frais comme la rosée. Considérons maintenant ses pairs, nobles déchus et autres miséreux, convaincus de n'être qu'une page tournée de la grande Histoire. Comprenez qu'il n'est pas à plaindre ou même à envier, que bien des hommes font preuve d'une ambition démesurée, en admettant que tous les moyens sont bons pour s'élever et en venir au fait.

Admis au conseil large des aristocrates du Royaume, notre jeune homme n'était pas des plus appréciés, d'aucuns jugeant même, sans doute à raison, d'idéaliste si ce n'est candide sa vision du monde, ses idéaux, accusant un manque flagrant d'expérience comme de maturité.
Le grand homme, lui, le haïssait pour ses charmes à même de faire chavirer jusqu'au cœur de sa propre fille, unique et si naïve, dès leur première rencontre. Il éprouvait ainsi le besoin de s'y frotter, jouait de sa notoriété pour le rabaisser plus bas que terre, chose commune dans un milieu où prime la loi du plus fort.

Le jeune homme n'avait jamais cherché querelle, provoqué qui que ce soit et savait danser sur un fil tendu; s'en inquiétait-il pour autant ? Le grand homme pouvait bien s'agiter, un jour viendrait où l'un l’appellerait "mon gendre", l'autre "beau papa". Quoi de mieux après tout qu'un bon parti pour retrouver la gloire passée, jouir d'une renommée étrangère aux aïeux ? Les mariages d'amour n'avaient jamais été son office et son corps n'était que l'instrument d'un rêve tu par ses pères.
Mais l'ambition ne sied guère aux jeunes gens. Le grand, conscient des machinations du premier, interdit l'accès au domaine de sa compagne en devenir qui d'ailleurs aimait trop son père pour en débattre. Mais aucune situation n'est immuable, aucun sentiment n'est éternel. Moyennant une certaine somme bien dérisoire en comparaison de ce qu'il convoitait, certains services paraissent de suite très accessibles.

Le grand homme fut retrouvé mort, la gorge découpée, le buste écorché et les yeux révulsés. La peine des siens fut grande, mais il suffit à l'héritier de sécher les larmes d'une jeune fleur pour la mieux cueillir, car sa splendeur n'avait d'égal que sa cruauté, car l'empathie du beau diable ne semblait connaître aucune faille.
Il occulta sa fiancée pour faire sien son patrimoine, grandit sur tous les plans et rejoignit les meilleurs de son monde. Ce faisant, il gagna leur estime, leur confiance ainsi qu'en influence.
Les années s'écoulèrent sans que sa promesse ne soit honorée, mais sa présence, ses sourires enfantins l'avaient toujours comblée. Hélas.

Vint un jour où elle réalisa. Vint un jour où le jeune homme renvoya la fleur aux pétales ruisselants à la terre. Son cœur n'était plus à prendre, sa fortune engloutie par les dépenses de celui qu'elle avait désespérément aimé, désiré, admiré comme on admire ces statues de marbre, ces dieux oubliés dont la perfection n'est plus à refaire.
Puis elle sombra à jamais dans le plus grand secret. Loin des siens, loin de son regard, elle rejoignit son père. Ses dernières pensées allèrent au beau diable qui pourtant n'en avait que faire.

Apprenez que l'homme se nourrit du malheur des autres, s'enrichit sur leur dos. L'homme est égoïste par nature, insatisfait.
Mon frère est ainsi fait, pourtant je ne puis le renier ou même m'en détacher.



~



"Pairo, nous recevons nos cousins du Sud dans quelques instants, ne t'avais-je pas demandé d'enfiler tes habits de lumière ? Pressons."
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Findol
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MessageSujet: Re: Le beau monde   Jeu 28 Avr - 14:34

Seconde


Illevia déclina l'offre de son cousin qui lui tendait un verre de nectar, lui adressant un sourire cordial avant de tourner les talons sous le regard inquisiteur de son paternel. Les festivités allaient bon train et la salle de bal fourmillait de monde sous la lueur vacillante du grand lustre. Peu coutumière des choses mondaines, la jeune héritière de la maison aux rives nageait dans sa robe de soie brodée d'or et manqua par deux fois de marcher dessus, "Les talons, quelle invention stupide", et par la même de trébucher avant d'atteindre la sortie arrière du palais.

Alors qu'elle inspirait profondément sous le couvert des étoiles en cherchant appui sur un mur, une façade, une arche, n'importe quoi de dur et froid, un elfe dans la fleur de l'âge, planté dans un angle, l'interrompit, étirant un fin sourire amusé, sûrement par son malaise. "Il ne manque pas d'air celui-là", étouffa-t-elle en grelottant, serrant fort son éventail d'apparat.

"Ne sont-ils pas épuisants ?"
Ses cheveux ondoyants captaient chaque reflet de l'astre de nuit tandis que son sourire sybillin lui figurait un enfant malicieux, ou bien un cher ami capricieux.

Il s'approcha de la jeune femme non sans aplomb. Leurs regards se croisèrent, leurs mains se frôlèrent et leurs premiers rapports la troublèrent d'autant plus qu'elle se croyait encore plongée dans un rêve.
Lorsqu'elle prit froid, il tira sa cape pour la mieux installer sur le rebord de la fontaine nacrée. Lorsqu'elle riait, il l'accompagnait de son timbre cristallin non moins désirable. "Ressaisis toi ma pauvre, les princes charmants n'existent que dans les contes.

Je n'aurais jamais cru rencontrer pareil individu en une telle soirée."
Elle le fixa longuement, fascinée par son faciès embelli par quelque sortilège d'illusion dont elle n'avait cure, puis concéda avec amertume. "Sans doute êtes vous ici pour affaire, comme mon père.

Les affaires importent peu si l'on ne sait vivre réellement. Sentir son coeur battre, le regard tourné vers l'avenir." Le menton relevé, il fixait désormais la voûte fabuleuse, rarement couverte par delà le Royaume.

Fascinée, plus par sa verve prêtée aux sages que par son physique d'Apollon, Illevia aurait voulu l'embrasser, mais quelque chose au fond d'elle la retenait, l'empêchait de franchir ce cap. Un frisson la parcourut de plus belle.
Elle décida d'en rester là pour ce soir, les bonnes gens se contentent parfois des relations cordiales ou même d'un amour platonique.Le désirait-elle ? Non, évidemment, mais elle craignait plus que tout sa réaction, si d'aventure les sentiments n'étaient pas partagés, elle se serait sentie bien ridicule.
Ils se saluèrent, se quittèrent et, bien qu'il insista pour la raccompagner en son domicile, rien ne se fit. Puis ils tournèrent les talons, non sans un dernier échange.

Quand le chant des colombes la tira de son sommeil, la jeune femme bondit du lit, fonça en robe de chambre jusqu'à la fenêtre pour humer les premières senteurs matinales, contempler du haut de sa tour l'éclat doré des forêts thalassiennes et saluant par la même les sujets de monsieur son père. Elle l'admirait, non pas pour son port princier ou son influence mais pour sa verve comme sa grande détermination.
Quand il avait une idée en tête, elle n'en sortait jamais, que sa fille la juge bonne ou mauvaise.

Aussi, jamais n'aurait-elle pu s'opposer aux décisions de son père en matière de convenances. Jamais n'aurait-elle pu aimer un homme sans sa bénédiction.
A quoi bon y revenir ? Si ce jeune homme mystérieux ne la désirait pas comme elle l'avait cru sentir, il pourrait bien la faire souffrir et les déceptions amoureuses poussent parfois les femmes à faire des choses ridicules. Un vent frais lui caressa le visage, repoussant ses mèches blondes en arrière.

Qu'y avait-il de ridicule à espérer le voir poindre à l'horizon comme l'astre sacré ?
Une grive se posa à ses côtés pour la fixer de ses yeux globuleux, agitant le cou au rythme de l'horloge.

Elle crut apercevoir au loin sa chevelure serrée par une collerette bleu roi, sa chemise blanche à demi ouverte laissant entrevoir une fine musculature travaillée au détriment de sa condition. Un sentiment de honte la tiraillait, des pulsions qu'elle cherchait à refouler.
Mais il était réel, lui faisait signe depuis sa fenêtre, au domaine voisin. Son voisin, l'aîné des Elensar.
Si proche, alors même qu'elle le pensait étranger, elle crut capter toute l'essence de son odeur ardente.
Elle sut qu'il lui était destiné, et qu'elle l'aimerait, quoi qu'en pense son père.

* * * *

Je ne me souviens pas de cette période de ma vie tant il l'a chamboulée, de même que mes préoccupations de jeune fille. J'aimais cet homme plus que de raison, de son parler au moindre de ses mouvements, son regard, sa peau diaphane.
Bien qu'issu d'une noble famille, parmi les plus anciennes et respectées, son domaine faisait bien pâle figure en comparaison du nôtre, la faute paraît-il à ses aïeux atteints de paranoïa qui s'accaparaient leur maigre patrimoine pour le taire aux suivants. Mais si ses richesses allaient en déclinant, c'est bien pour la grande profondeur de son être que je m'étais entichée de cet homme. Une profondeur que j'étais bien à même de concevoir, dans toute ma naïveté.
Car il se fichait de mes courbes, de mes sentiments, seule importait la fortune de mon père, le gêneur.

Jusqu'à la fin, j'ai contemplé son visage.
Jusqu'à la fin, j'ai souhaité revivre notre rencontre, puis, lorsqu'il m'avait accompagnée par chez lui, cette première nuit passée à ses côtés.
Jusqu'à la fin, j'espérais qu'il revienne.

Adieu alors, s'il ne peut m'aimer, je suis seule au monde. Comme les fleurs se fanent, je ne suis toujours qu'un pétale sans parfum.
Adieu alors, toi que je n'ai su comprendre.
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