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 Annales de la compagnie, volume VIII : Livre des Îles Brisées

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Arliden
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MessageSujet: Annales de la compagnie, volume VIII : Livre des Îles Brisées   Ven 23 Sep - 12:51

[Début du texte en DLC]

Un très beau discours. Vraiment. Sobre, suffisamment percutant pour capter notre attention et assez court pour ne pas la disperser. Il restait cependant classique à mes yeux. Trop attendu, trop linéaire, trop porté sur le patriotisme, sans doute. Ce patriotisme que nous affections pour beaucoup. Il faut nous pardonner; nous ne sommes que des mercenaires.

Il se nimbait de l’honnêteté du général s’adressant à ses troupes d’égal à égal. On y retrouvait la menace imminente, la nécessité de la lutte, et bien sûr la certitude que nous n’en reviendrons, pour la plupart, pas. L’honneur, la gloire, etc. Bien sûr, les grandes lignes sont respectées, et le discours est bon. Mais.. il y manquait du panache. Ou peut-être Alexandre Caldwell avait-il également peur.

Il ne faut pas oublier que, dans le temps, nous autres druides tenions aussi le rôle de bardes, selon nos affinités personnelles. Ces deux éléments intimement liés -musicalité et nature- nous ont appris ce qui est vraiment essentiel : le rythme - le cycle.

Mais assez de cela. La seule musique maintenant sera celle des chants de bataille - ou des marches funèbres. Au choix.

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Arliden
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume VIII : Livre des Îles Brisées   Dim 30 Juil - 17:29

Nous étions nombreux, bien nombreux à avoir répondu à l’appel du général Caldwell et de sa coalition. Il y avait tout d’abord l’ordre des Fils de Varian, des chevaliers et des soldats à la bravoure léonine, qui étaient prêts à en découdre. Il y avait aussi la Maison Ellesmere, ou plutôt les quelques miliciens qu’ils envoyèrent; et des troupes de l’Alliance, des hommes et des femmes de tous les horizons, de tous les peuples, qui revêtirent l’armure bleue et or pour aller au front à nos côtés. Et il y avait la Rétribution, les mercenaires, regardés de haut par les autres car nous étions là pour le salaire, et non pas pour la glorieuse lutte contre la Légion.

Les navires ont quitté le port alors que le crépuscule embrasait la mer d’or et de fauve, et brûlait le ciel de pourpre et de rose si lumineux qu’on en aurait perdu la vue à trop les observer.
La première division avait pris place à bord de la Chasseresse téméraire, l’élégant navire au pavillon des Ellesmere. On devinait la forme des mâts à l’horizon.
Plus proche de nous, c’était l’Endurance, et la deuxième division sur le pont. L’ambiance y semblait plus détendue, avec le capitaine Brady et sa bonhomie.
Quant à nous, c’est tout naturellement à bord du Brise-voiles que nous avons embarqué. Nous y accueillions des membres des autres ordres, mais il demeure plaisant de rester en terrain connu. Nous avons ainsi hérité du Lieutenant Ysaac Bale, un homme austère mais efficace, du gnome Farfelin Cirevapeur, qui était plus agréable qu’Eldared tout en partageant sa passion des machines, et la prêtresse Sienna McKellen, à qui va toute ma sympathie car elle est, comme moi, l’une de celles et ceux qui auront à refermer toutes les plaies, et réparer tous les os. Et tant d’autres encore, qu’il faudrait des pages et des pages pour tous les présenter.


Nous voguions depuis des jours. La pleine mer étalait ses remous d’encre bleue, d’ardoise verte et d’écume ivoire, jusqu’à un horizon qui tutoyait l’infini. Le ciel, bien que clair, se striait de nuages effilés avec lesquels jouait le vent; il nous guidait sans peine vers les Îles brisées, et notre destination, la région de Tornheim, où l’on disait que les tempêtes parlaient et que les anciennes magies vivaient encore.

La brume a tout d’abord sinué au ras de la coque, comme si l’âme des vagues commençait à s’élever, fantôme intagible et silencieux; puis elle a comme étouffé toute brise, jusqu’à ce que l’air lui-même en soit immobile, elle a recouvert les trois navires d’un linceul si épais qu’il ne permettait pas d’y voir à plus de quelques mètres. Seules les lanternes accrochées au bastingage formaient des points de repère.
L’attaque des kvaldirs ne tarda pas, une fois le manteau de brume levé. Ils étaient immenses, et leurs pas lourds martelaient le pont. A leur peau verdie et boursouflée s’accrochaient algues et coquilles, et toutes leurs armures étaient constitués des matériaux que récupérait pour eux la mer - le bois des coques, le fer des naufragés.
Triompher de ces géants mort-vivants ne fut pas une mince affaire. Si nous avons réussi à nous en tirer sans perte, nous comptions tout de même nombre de blessés, et les soigneurs durent se mettre à l’oeuvre. Les cadavres furent restitués à la mer qui les avait vus jaillir de ses profondeurs, et une fois la brume retombée le vent nous fut rendu. Nous reprîmes notre voyage.

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Arliden
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume VIII : Livre des Îles Brisées   Mar 1 Aoû - 15:55

Le vent avait sensiblement fraîchi lorsque les premières côtes de Tornheim se sont dessinées à l’horizon. Le ciel bas, boursouflé de nuages lourds, murmurait des promesses de pluie; et la course des navires se faisait plus lente, à mesure que nous approchions.
Les récifs lissés par les rafales et les embruns formaient comme des crocs à la bête assoupie des terres, dont les flancs s’élevaient paresseusement, hérissés de rocs, ébouriffés de forêts éparses.
Nous scrutions tous du bastingage cette terre neuve à nos yeux, qui n’avait pas été foulée par nos peuples depuis bien des années; et si elle nous semblait farouche, sauvage, elle ne semblait pourtant pas corrompue, ni envahie de démons.
Par une trouée du ciel, la lumière de la fin du jour a balayé les crêtes échevelées d’herbes hautes, les éclaboussant d’un or ardent; elle a dessiné de longues lames d’aigue-marine en traversant la mer écumeuse. Constratant l’ardoise, le gris, et le pâle céladon qui tachait l’horizon de teintes plus vives, plus intenses, et peut-être plus chaleureuses - la grisaille ambiante tirait déjà des soupirs aux coalisés autour de moi.
Les trois navires ont semé leurs chaloupes, et nous avons accosté. Voilà nos premiers pas sur les Îles brisées : des traces de bottes dans le sable trempé, que le ressac efface déjà. D’aucuns y liraient un sinistre présage.

La côte était pentue, et grimpait en flèche vers un à-pic qui nous surplombait avec un certain dédain. Toutefois une brèche y sinuait, flanquée de la roche à vif et ombragée de bouleaux. Nous nous y sommes engagés, cheminant entre les troncs blancs, jusqu’à parvenir à un large espace entre les falaises - un lieu tout à fait convenable pour y édifier notre campement.
Tâche à laquelle tous s’affairent déjà : alors que les plus forts abattent les troncs pour élever les premières palissades, le gros du groupe s’occupent d’installer les tentes, d’allumer des feux; nous autres, soigneurs, investissons un des premiers bâtiments commençant à prendre forme - ce qui deviendra l’infirmerie. Nous y installons des couchettes, nous y installons baumes et plantes et potions et bandages; nous y ajoutons toutes sortes de protection, car ignorant quelles ombres rôdent en ces lieux, nulle sauvegarde ne sera de trop.

Par l’ouverture encore dénuée de porte, j’entends déjà tomber la pluie.
La pluie rinçait à neuf ces terres oubliées, chuintant en martelant la terre meuble, tintant en flèches aiguës contre le fer des uniformes, claquant de loin en loin, en petits sons mats, sur la toile des abris, et d’une manière plus franche sur les montants de bois de l’infirmerie. Par-delà les fortifications, les manteaux des conifères étaient empesés d’humidité; les aiguilles s’ébouriffaient dans le léger vent comme un pelage.

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