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 Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence

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Devi Daenth
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MessageSujet: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Mar 6 Juin - 11:16

Introduction

Il semblait nécessaire que, pour la terrible mission qui occupe présentement une partie de la compagnie, quelqu’un soit désigné pour tenir ces annales, car pour cette descente vers les noires profondeurs de l’abysse, nous étions privés de notre annaliste.
Il était tard lorsque Arliden est venu à moi, comme guidé par cette assurance qu’il me trouverait éveillée et bien disposée à son égard, motivé par son idée fixe que les annales ne pouvaient se contenter d’un récit de seconde main, brouillé, coupé de la réalité. Il fallait qu’un des condamnés en sursis que nous sommes se charge de la tenue des chroniques. Il fallait que le récit de notre traversée de l’ombre soit restitué, au jour le jour, par une âme prise au centre de la tourmente.
Aussi ce texte rendra-t-il peut-être toute l’horreur à venir. Peut-être permettra-t-il à nos camarades restés à l’air libre de comprendre ce que nous avons vécu, de partager avec nous un peu du fardeau que fera peser sur nous la tâche colossale qui nous attend. Il est aussi possible que ce ne soit là que le recueil d’hallucinations, le témoin de mes propres divagations, de mes délires sous l’influence maléfique d’entités venues d’autres mondes. Il se peut qu’il ne s’agisse là que d’une coquille de papier desséché servant d’étendard à la folie. Peut-être, alors, permettra-t-il à nos frères de deviner la fêlure de nos esprits.
Naturellement, il est parfaitement possible que nous nous éteignons tous dans l’obscurité totale des souterrains. Auquel cas, ces quelques pages demeureront sous terre, comme une épitaphe extensive auprès de nos carcasses, que personne ne lira jamais.

Voici, en addition aux annales de la compagnie, le tome maudit de notre descente dans l’abîme, rédigé par votre humble servante Devi Daenth, mercenaire de la Rétribution.
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Devi Daenth
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Sam 10 Juin - 10:50

Premier jour - Dans l’antre du roi de la montagne

Des millénaires scellés derrière une porte noire. Et la trivialité de la clef entre nos mains. Pour l’ouvrir.
Les battants se sont écartés comme des mâchoires et l’obscurité nous a fait face. Autour de moi se peignaient tour à tour l’angoisse, la peur, l’appréhension; je voyais des mains serrer qui ses armes, qui ses porte-bonheur, et j’entendais des prières murmurées à mi-voix souligner le silence. La flamme des torches a jauni les visages.
Alors nous avons fait face à l’obscurité.

Le tunnel était grossier, et la pierre présentait encore des formes aiguës, tranchantes, que les éléments n’avaient pas lissées; l’endroit était clos depuis des lustres. Il nous a mené jusqu’à une volée de marches, éclaboussées de la lumière d’un brasero qui faisait un écho à nos torches. Etions-nous attendus ? Nous suivions la “prophétie”, pourquoi ne pas s’attendre à une mise en scène ? Même dans un tel lieu. La magie est un art indissociable du théâtre.

Il s’efforçait bien orgueilleusement d’illuminer l’immense salle qui suivait, dont le plafond comme les murs se perdaient dans les ténèbres rampantes. Mais ce n’était pas là une caverne, c’était un hall titanesque, bâti ou sculpté dans la roche comme seuls savent le faire les nains. Était-ce une ville ? Un fort ? Un caveau ? Impossible de savoir, en l’état. Il était bien assez facile d’imaginer de multiples scénarii quant au destin de cet endroit. Les nains et les profondeurs…

Puisque seule une partie de la compagnie avait été choisie pour descendre dans la fosse, il est sans doute de bon ton de présenter chacun de ces damnés. C’est peut-être la dernière fois que ces annales en auront l’occasion.
A notre tête, bien sûr, se trouvait le sergent Marvin Shelton : brave et incertain. L’épreuve que nous traversons lui donnera sans doute l’ampleur qui lui manque encore dans son rôle.
A son côté, féroce comme une lionne, le sergent Olivia Prescott. Ces deux-là sont inséparables.
Après eux viennent nos deux anges gardiens.
Il y avait Anarya Brynt, la figure tourmentée de notre ancienne Adjudant. Protectrice malgré la distance qu’elle s’impose elle-même. Arliden la tient en très haute estime.
Il y a ensuite Ulrick Vertrauen. Le paladin. Solide comme la tête de son marteau. Il suffit de le regarder pour le sentir investi. Le groupe de tête s’achève avec Augustus Leinart, volontaire et droit, et Ylanah Ziegler, douce et frêle, totalement déplacée en un tel lieu.
Puis on trouve les mercenaires du rang. La discrète Seryse, la dernière recrue Lara Warlding, le vaillant Icaron Brilléclat. Tarhïel Fauche-Soleil, étrange et bourru. Itiel Aarkens, dévouée. Olga Rosengart, prudente. Skaalf Barbe-en-fer, brave jusqu’à la lie. Vaelys Chantesang, toujours d’une distante efficacité. Gerick Marshow, aussi gilnéen qu’on puisse l’être. Douglas Lewis, aux allures de malandrin. Le fiable Dhunmum Duracier. L'imposant Sven Ingalls. Taylor Dagern, toujours aussi preste. Et moi, naturellement.
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Devi Daenth
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Ven 16 Juin - 10:58

Il y eut, tout d’abord, une immense porte aux contours sculptés de lumière rouge. Elle était gardée par une haute créature qui semblait faite de métal ciselé, dont les formes ondoyaient comme une lave fluide; d’une arrogance sans pareille, cet ascendant se targuait de nous barrer la route. Sa mort était la clé qui permettait d’ouvrir les titanesques battants. Nous nous sommes séparés et dispersés pour éviter de former des cibles faciles, ce dont l’élémentaire a tiré parti en nous isolant à l’aide de murs de feu; les flammes jaillissaient en tout sens, imprévisibles, tout comme elles chatoyaient autour du monstre pour le parer d’un bouclier magique.
C’était notre premier affrontement dans cet endroit, et il se déroula remarquablement bien. A peine quelques brûlures.

Nous sommes descendus dans un prodigieux hall bâti par les nains. Au centre, un gouffre béait, plus noir encore que les ombres qui roulaient autour de nous, en lisière du halo de nos torches; la coursive circulaire nous a menés à la deuxième porte. Celle-ci était protégée par un énorme draconide, accompagné de sa garde - qui nous a promptement encerclés. Mais nous étions échauffés par la première porte, aussi ces adversaires-ci ne nous posèrent guère de problèmes, malgré les blessures qui commençaient à se multiplier.

La troisième porte nous plongea dans des ténèbres que seule la lanterne de Brynt parvint à percer. Elles semblaient si denses, presque tangibles, que l’on croyait y discerner des mouvements, des reptations de brume noire. Et c’est là que les premiers murmures nous sont parvenus. Ou peut-être étaient-ils là depuis le début, mais trop distraits, trop inattentifs, nous les avions ignorés ?
Cette porte-ci était étrangement à taille humaine. Nous cherchions un moyen de l’ouvrir lorsque l’ombre s’est condensée pour prendre la forme d’un cavalier. Tout ce que touchait sa lame paraissait se flétrir, laissant des plaies aux contours noircis, difficiles à estomper.
Lorsque l’ombre a retrouvé son apparence inoffensive, la porte s’est déverrouillée dans un claquement. Mais, prudents, nous avons choisi faire halte avant de la traverser, laissant du repos à la première ligne et du temps pour soigner les blessures.
Ce n’était que le premier jour, et nous faisions déjà peine à voir. Icaron paraissait en piteux état, avec son armure cabossée et tachée de sang; et on lisait dans nos regards le reflet de la même inquiétude : qu’est-ce qui viendrait après ?
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Devi Daenth
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Ven 16 Juin - 12:24

Deuxième jour - Le long de la frontière qui jouxte l’inconnu

La porte ouverte n’a révélé que davantage d’obscurité. Nous nous y sommes enfoncés avec au coeur un sentiment mêlé de détermination et de résignation.
Quelques pas sur un sol dallé, avec en écho des raclements dans le noir menaçant. On lui aurait donné des membres griffus et une gueule prête à nous dévorer, en arc au-dessus de nos têtes.
Voilà de quoi alimenter les cauchemars. Le monstre dans le placard. Les loups qui rôdent à la nuit tombée. Toujours à la bordure extrême de notre regard, toujours des sons si ténus qu’on doute de les avoir réellement entendus, ou peut-être les avoir causés soi-même, imagination débordante.

Il était allongé sur le sol lorsque nous nous sommes approchés de lui. Chair brisée, blessée, indéfinissable. Nous avions peur de ce que nous allions trouver. Du bout de la lame, l’effleurer…
Hurlement - la créature n’avait plus de visage. Qu’une bouche ouverte qui happait l’air, béant comme sur un cri inaudible, une bouche seule, affamée, qui aurait fini par avaler tous les traits. Skaalf l’a frappée d’un coup de masse, et la chose fracassée s’est effondrée.
Puis, avec ce craquement caractéristique, ses os se sont remis en place et elle est revenue à la charge.
Les ténèbres en ont accouché d’autres. Elles étaient maladroites, mais le nombre constituait leur force; nous risquions à tout moment d’être submergés, et n’avions pas les moyens de leur donner le repos éternel.
Courir, droit devant. Revenir en arrière était impensable - il fallait se jeter toujours plus loin, droit dans la gueule de l’abîme. L’abîme qui nous attendait.
Nous avons passé une herse, dont le mécanisme fonctionnait encore. Entre les barreaux de métal terni, les bras des créatures se sont tendus, avides, terribles, effrayants.

Cette nouvelle salle ne faisait preuve d’aucune originalité. Un autre hall, d’autres piliers monumentaux, s’étirant à se perdre dans leur noir sommeil. Nous l’avons traversée groupés, jusqu’à une coursive fermée par une nouvelle herse; mais celle-ci ne nous laissait aucune prise, et demeurait close. Et elle semblait se rire de nous, en petits éclats discordants qui frémissaient à travers la nappe sombre, et elle fit naître ses gardes, à nos flancs : deux monstres, deux amas de chair sans-visage, dont la seule présence fait vaciller l’esprit.
Combattre une seule de ces choses est déjà une épreuve sans pareille. En affronter deux commençait déjà à tendre vers l’impossible, quoique notre nombre jouât en notre faveur; l’endroit restreint nous a donné un dernier léger avantage, car il était plus aisé d’y évoluer lorsqu’on est à taille humaine et pas un béhémoth massif.
Douglas s’est retrouvé rejeté en bas, dans le hall - il est resté un long moment, seul dans le noir. Quand il est remonté jusqu’à nous, il a semblé changé. Et lui aussi nous trouvait changés. Même si Ylanah a prouvé qu’aucune corruption de son esprit n’était à l’oeuvre, la suspicion est demeurée.

Le rire dans le noir a fini par prendre forme près d’un de ses colosses déroutés. Il s’est fait changeant, métamorphe - il avait le visage de celui qui le regardait. Chacun s’y voyait projeté, faisant naître un tourbillon de réactions différentes : l’horreur, la confusion, et bien sûr la colère, qui a primé sur les autres jusqu’à l’anéantissement de ce visage-miroir.
La herse ne s’est ouverte qu’une fois la coursive dégagée. De l’autre côté, une nouvelle salle qui cette fois se démarquait par une taille plus réduite - on aurait dit une antichambre.
Nous avons arbitrairement décidés que la nuit était tombée et nous nous sommes resserrés pour panser nos blessures, avant les horreurs que le lendemain ne manquerait pas de nous offrir.
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Devi Daenth
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Lun 19 Juin - 10:25

Troisième jour - Miserere Mei, Deus

A mesure que nous nous enfoncions dans le coeur de la terre, nous avons laissé derrière nous les ruines de la cité naine pour retrouver des tunnels grossiers, dont nous sentions toute la masse de pierre noire peser. Impossible de savoir à quelle profondeur nous nous trouvions alors, et impossible de déterminer combien de temps avait passé car toutes les montres avaient cessé de fonctionner.
Le tunnel serpentait avant d’éclater brutalement pour former la plus vaste caverne qu’il m’ait été donné de voir, dont l’immensité ne trouvait un écho que dans le seul gouffre qui en dévorait toute la surface; l’étendue presque frêle d’un pont de métal asymétrique, jeté dans les ténèbres denses, formait un contrepoint curieux à ce vide massif.

Là, au-dessus de ce fil d’Ariane, flottait un spectre noir, tout de voiles effilochés, flottant aux vents d’autres plans, dessinant par moments les contours d’une silhouette osseuse, cadavérique, bien vite dissimulée de nouveau par les pans poussiéreux.
Il s’est avancé vers nous, et sa voix tonnait, comme il sied à un héraut de l’abîme.

Un par un, pas à pas, groupés parfois, à traverser le gouffre, comme des funambules ivres dans un jeu macabre dont les règles nous échappaient. Le spectre, le gardien, le maître du jeu, s’assurait par des murs d’un feu fantomatique que nul ne trichait; face à son regard nous étions des livres ouverts, et il déterrait nos secrets les plus enfouis pour les étaler en évidence, voyeur obscène - dans l’espoir, peut-être, de semer la zizanie, de nous dresser les uns contre les autres. Mais, pourtant, nous savions que nul n’arrivait dans la compagnie par hasard. Et nous avions, tous, quelques horreurs dans les placards de nos mémoires; nous ne pouvions juger les autres sans nous exposer nous-mêmes au même jugement.

Il y eut bien sûr des exceptions. Il y eut Douglas qui tenta de pousser Icaron dans le vide dans le seul but de sauver sa propre vie. Il y eut Gerick, qui, par fierté peut-être, ou à cause de cette dignité que partagent tous les gilnéens face à un sort terrible, refusa d’admettre la Malédiction, refusa d’admettre qu’il était, selon le héraut, un monstre. L’abîme l’a dévoré, et ses cris résonnent encore. Il y eut encore Tarhïel, dont la monstruosité ne pouvait pas être cachée, qui avait avancé davantage sur le pont avant que la main du spectre ne se pose sur son front. Là, il avait jailli hors de lui, dans un impressionnant claquement d’os, de muscles déchirés et reformés, réagencés, transfiguré. Tarhïel avait connu l’ascension. Tarhïel, l’ascendant, avait disparu.
Puis Ylanah, qui accepta sa propre mort en paiement des vies de Seryse et Lara, un geste particulièrement noble mais peut-être stratégiquement erroné, car il nous privait de notre soigneuse en chef pour le reste de l’expédition.
Et Anarya, naturellement, lors de notre passage, qui céda à sa corruption dans l’unique but d’annihiler cet obscène fantôme, le consumant jusqu’à ce que n’en demeurent que des poussières gangrenées; pour la mémoire des disparus, je suis satisfaite.
Alors que nous passions la herse marquant la fin du pont, un vide s’est ouvert et a recraché Ylanah parmi nous; son acte semblait avoir été apprécié.
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume XI : Livre de l'abîme du silence   Lun 19 Juin - 10:26

Notre traversée nous avait donné le droit d’affronter le cauchemar, comme disait le héraut. Cauchemar. Ca n’avait en réalité rien d’une image. Cauchemar était l’horreur immense qui avait fait de l’endroit sa demeure, une créature à la forme grotesque évoquant un dragon, difforme, monstrueux. Nous étions épuisés, nous étions à vifs, mais le repos ne pouvait venir qu’après la mort de cette chose.
Cauchemar était rapide, Cauchemar était fort, Cauchemar crachait le feu.
Leinart avait été touché. L’odeur de brûlé commençait à surpasser toutes les autres, mais je pouvais le sauver. Au prix de toute mon énergie, au sacrifice, peut-être, des autres blessés. Ylanah n’aurait sans doute pas approuvé une telle dépense. Mais Leinart se consumait sous mes yeux.
Au diable Ylanah, au diable tout ces jeux. Je l’ai sauvé.

La crise est survenue alors que nous nous installions pour prendre du repos. Je participais aux soins lorsque, tout d’un coup, l’angoisse a vrillé mes tripes. Autour de moi, les autres s’affairaient, pressés, les mains souvent tachées du sang des blessés; si je sentais mon esprit tinter et tressauter, comme un animal à deux doigts de céder à la panique, je savais aussi qu’aucune aide ne viendrait de mes camarades. Je le savais. Pas un regard, pas un mot. J’inspirai profondément dans une vaine tentative de retrouver un calme incertain, mais ma respiration persistait à s’emballer, à s’enrayer en halètements coupés.
J’ai battu en retraite. Je me sentais déplacée, tout à coup, au sein de ce groupe, et je me sentais seule. J’avais espéré sans me l’avouer que rallier la Rétribution pallierait à cette solitude, mais je savais pourtant, j’avais toujours su, que l’on peut rester esseulé même au sein d’un groupe ou d’une foule. C’était mon lot, ma peine, et ma malédiction.
Là, un coin plus sombre. Peut-être pourrais-je m’oublier moi-même, moi aussi, comme eux l’ont fait. Attendre. Essayer de réparer ce qui peut encore l’être, avant l’inévitable désormais : se fracasser contre le sol est le résultat inéluctable de toute chute libre, et mon esprit tourbillonnait en vain sans rien à quoi se raccrocher.

Des idées terribles affleuraient à la surface de ma conscience. Je ne parvenais pas à les empêcher d’éclore.
J’ai fermé les yeux.
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