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 Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport

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Arliden
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MessageSujet: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Jeu 11 Fév - 22:26

Introduction

Le vent déchirait le ciel.
Il effilochait les nuages, dévoilant une étendue creuse que le Nord décolorait, sans se soucier de l'étrange trame qu'il créait ainsi.
Il nous balayait des voiles de sa traîne salée, lourde d'humidité glaciale, qui faisaient tanguer la chaloupe alors que nous prenions pied sur le quai. 
Havreport, ville aussi grise que le ciel qui drapait ses toits, nous accueillait avec une froideur compréhensible.
On eût dit, à vrai dire, une ville fantôme, tant le silence oppressant pesait sur nous, tant les silhouettes furtives glissaient par les rues, de porte à porte, comme autant de spectres chagrins.
Il n'était pas réellement tard, le soleil perçait de temps à autre des déchirures qu'ouvrait le vent, découpant les perspectives, faisant se lever des ombres floues;  le froid qu'il ne parvenait à vaincre murmurait des promesses de neige. 
Où était la vie ? Certes, la saison ne s'y prêtait pas. C'était une saison sombre, tissée d'ombres chinoises obscures et de silhouettes de monstres faites de papier, une saison à rumeurs, courant bas dans les rues, le long des caniveaux lavés par la dernière tempête, une saison pour douter, suspecter, trahir, une saison encore pour vérifier dans les vieilles armoires et sous les lits, à sursauter à chaque inspiration des bâtisses; une saison enfin à redouter les bêtes qu'apporte dame la nuit, qui rôdent pour venir enlever les plus faibles ...
Car voilà : les gens disparaissaient.
Les uns après les autres, sans raffut ni effusion.
Le compte était à trente-sept avant notre venue, il se porta à trente-neuf à notre arrivée. La méfiance qui en découla fut compréhensible.
Ce climat de peur se coupla à celui, tout d'une froide fébrilité et d'espoir grincheux, de l'approche des élections qui laissait entrevoir à la plupart des citoyens le museau d'une solution à la crise.
Celle-ci, bien sûr, variait selon les inclinaisons, qu'elles aillent au magistrat en place, homme grisonnant bien net dans son pourpoint mauve, ou au notable McAllister, vieillard à la meute de brutes, nourris à la pièce d'or, confortablement niché dans son manoir à l'extérieur des murs, ou encore à d'autres candidats, plus discrets. 
Chacun trouve à l'autre quantité de défauts et de comportements étranges, se disputant par la peur l'électorat divisé.
La valse de ces deux toiles mêlées faisaient naître dans son sillage une myriade d'écueils, tant fausses pistes que désinformation; la méfiance exacerbée à notre égard nous a handicapés longtemps et, je dois l'avouer, notre comportement en réaction ne fut pas le plus avisé.

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Arliden
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Jeu 17 Mar - 14:47

Prémices

Nous nous installés à l'auberge de la ville, où un sympathique nain répondant au nom de Grum Chope-d'Acier nous a abreuvés tant de potins que de boissons. Il y avait déjà bon nombre de pensionnaires et nous en avons rapidement rencontré un, Al, un trappeur venu des Grisonnes. 
Je me souvenais des Grisonnes. Une zone à flanc de montagne, aux conifères hauts comme des lances; une région plutôt accueillante.
Nos affaires déposées dans les chambres louées, nous nous sommes rendus à la caserne où nous attendait le Commandant, l'homme qui nous avait embauchés. À ses côtés était présent le magistrat, digne et stoïque; ils nous ont brossé un tableau de la situation et des informations en leur possession.
Ils nous ont ainsi parlé des deux derniers disparus : le factionnaire Jones, un homme récemment devenu veuf et aux penchants alcooliques, et Gary, un des hommes de main du sinistre et réputé notable McAllister.
Notre première piste fut la Horde; un de leurs camps était sis non loin de Havreport. Cela dit, si l'on exceptait les Réprouvés, ce n'était pas vraiment leurs méthodes. Sur cette base, nous avons étudié la piste du Culte des Damnés, la région ayant un fort passif avec l'organisation. Notre seul indice était le témoignage du Caporal Hansen; il rapportait la présence d'une créature volante indéterminée qui se chargerait des enlèvements. 
Une seconde information vint s'y ajouter : le seul mage de la ville avait été assassiné.
Nous sommes retournés à l'auberge en échangeant des hypothèses. Nous avons également connu notre premier accrochage avec un colosse chauve au vocabulaire limité; il s'en est pris à Azraen qui prenait un malin plaisir à confondre "notable" et "notaire", ce qui semblait vexer la brute...

La journée s'acheva sur le couvre-feu; nous nous sommes retranchés dans nos chambres en attendant l'aube suivante.

L'étage de l'auberge de Grum devint notre base d'opérations. Nous y échangions nos informations et y préparions nos actions, chacun y allant du sien.
Nous avons ainsi décidé d'interroger plus avant le Caporal Hansen sur ce qu'il affirmait avoir vu. Alors que nous nous apprêtions à descendre pour nous mettre en route vers la caserne, Al le trappeur vint à notre rencontre. Les gardes venaient de trouver, derrière l'auberge, à peine camouflés, un masque de cuir représentant un loup et un pendentif de bois. Ces deux éléments évoquaient immanquablement le Culte du Loup, ou du moins, un culte du Loup.
Le pendentif était fait d'un bois des Grisonnes. L'odeur de résine ténue qu'il exhalait était impossible à contrefaire. 
Cela dit, la découverte de ces objets, maintenant et à cet endroit, nous forçait à remettre en cause cette piste qui nous était servie sur un plateau, sans pour autant l'invalider. La présence d'un culte du Loup n'était pas impossible. 
Aux sombres heures de Gilnéas, nombre de cultes avaient éclos et poussé comme une gangrène, envahissant plus profondément que nous ne l'imaginions, jusqu'à les rendre impossibles à exciser...
Leur violence n'avait d'égale que leur bestialité. J'en avais fait les frais, autrefois.
Sur ces sombres idées, tourbillonnant en grappes dans nos têtes, nous avons pris le chemin de la caserne où on nous apprit que le Commandant ne pouvait nous recevoir. Cependant, nous apprîmes en discutant avec les gardes la mort inopinée du Caporal; on nous la décrivit comme un suicide par pendaison, et nos doutes sur ce trépas qui tombait si juste provoquèrent la colère. Cela ne s'arrangea pas lorsque nous nous sommes aperçus que son enterrement avait déjà eu lieu.
Havreport, aux visages patibulaires, qui nous proposait ses taiseux au silence définitif ou ses souriants -très froid, le sourire- tisseurs de mensonge. Au choix. 
Nous sentions peser les regards dans nos dos, lourds comme la main d'un bourreau. Nul ne croyait que nous étions de simples mercenaires de passage, m'est avis; nous manquions considérablement de discrétion et de finesse. Nos caractères se heurtaient, front contre front, à leur stoïcisme minéral filé d'une colère sous-jacente.

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Arliden
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 30 Avr - 17:55

Brouillard

Nous avons attendu que le jour baisse et que la corneille de la nuit étende des ailes pour masquer le ciel.
Puis nous sommes sortis.
Le couvre-feu avait vidé les rues. Aucune lumière ne filtrait des volets solidement fermés. Seules les patrouilles de la garde, îlots flottants de lumière, oscillaient entre les bâtiments. Nous avons erré, rôdant parmi les ombres, sans réellement savoir ce que nous cherchions. 
Éviter les gardes se révéla complexe, car nous ignorions leur trajet et connaissions encore mal le tracé des rues. Mais les ombres jouaient pour nous, nous enveloppant comme une cape épaisse et collante. Naturellement, nous avons pris la direction de la caserne qui avait attiré notre suspicion.

Des langues de brume accompagnaient nos pas et s'enroulaient à nos jambes. Sous le couvert de l'obscurité, nous avons entendu des voix; elles ne se déplaçaient pas comme une patrouille. Nous n'avons pas tardé à repérer leur source : l'écurie à l'arrière de la caserne. La lumière filtrait d'un fenestron, par lequel nous aperçurent les interlocuteurs.
La silhouette massive et voûtée d'un worgen.
Celle, plus fluide et élancée, d'un homme encapuchonné.

À leur dialogue, il était clair que ce dernier occupait un poste élevé chez nos mystérieux opposants; tandis que le worgen, quant à lui, était un exécutant.
Alors que nous nous aplatissions au pied du mur, le filet de voix se saccadait; ils riaient -des sons secs et rauques.
"Ils croient que ce sont les mort-vivants."
Nous avons échangé des regards.
La discussion s'est ensuite déportée vers l'ombre, ou l'Ombre, difficile à déterminer dans une conversation si pleine de métaphores; le thème des griffes revint fréquemment.
Si une hypothèse disparaissait, une autre prenait de l'importance. Nous réfléchissions à ces conséquences quand le worgen nous a flairés. Nous avons alors entrepris une retraite précipitée et quelque peu paniquée; mais la bête, bien plus rapide, était déjà sur nous.

C'est dans la nuit et la brume que nous avons trouvé notre salut, collés à terre, la main plaquée sur le visage pour étouffer nos respirations; nous sentions les pas pesant autour de nous, les griffes cliqueter; le souffle grondant qui s'échappait des mâchoires entrouvertes. 

Durant de longues minutes, nous sommes restés terrés, effrayés comme des lapins face au prédateur. Puis le worgen s'est détourné, est retourné vers son complice. S'ils se savaient épiés, ils ignoraient par qui.
Nous sommes retournés ventre à terre à l'auberge. 

Le lever du jour a trouvé le Sergent-chef Drumond à notre porte. Cet homme au faciès avenant nous était plutôt sympathique, ce qui, il faut l'avouer, était rafraichissant dans cette ville où tous les regards portés sur nous étaient, au mieux, suspicieux; quand ils n'étaient pas clairement accusateurs.

Il était inquiet. Il nous fit part des doutes croissants que faisaient naître l'absence de disparition dans nos rangs. C'était typique dans un tel climat de peur : ceux qui sont mieux lotis ont forcément quelque chose à voir avec les problèmes des autres. Nécessairement.
En conséquence, le Sergent-chef supposait que nous serions les prochaines cibles des ravisseurs. Même si nous doutions être des proies faciles, la prudence était de mise. Le Lieutenant nous enjoignit donc une méfiance extrême et la contrainte de ne pas sortir à moins de trois. 
Le prétendu suicide et l'enterrement expédié du caporal Hansen furent alors évoqués. Drumond, qui connaissait l'homme, était aussi surpris que nous, ce qui laissait entendre qu'il y avait bien là un acte inhabituel; cependant nous ne pouvions pas décemment soulever face à lui des soupçons sur l'état-major. Mais l'ordre de mission, le contrat émanait du Commandant en personne. Ça n'était pas logique, ou alors quelque chose nous échappait.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Ven 1 Juil - 12:47

Nuit noire

La nuit qui suivit fut aussi agitée que la précédente. Alors que la Dame Blanche oscillait pesamment derrière un lourd voile nuageux, des cris fendirent le silence. Les lumières furent allumées dans une atmosphère de panique, et les portes ouvertes une à une jusqu'à parvenir à la chambrée d'Azraen. Deux ombres s'y tenaient, lames au clair, dont l'acier était déjà rougi; l'instinct a pris le dessus et j'ai bondi sur eux. D'autres s'élancèrent à mes côtés mais je ne les voyais pas.
C'était Elena qui gisait là; son sang formait une large éclaboussure qui dégouttait du mur. La voir ainsi poussa Azraen à foncer et à partager son sort. Alors que d'autres mercenaires investissaient la pièce, je me suis penché sur le couple. Leurs états étaient graves mais je parvins à refermer leurs plaies.

Autour, l'agitation s'était apaisée. L'un des assassins était immobile à terre, et l'autre était maintenu dos au mur.
Il s'agissait nécessairement de partisans de nos mystérieux adversaires. Il fut en conséquence décidé de les interroger. Ils le comprirent rapidement et nous nous retrouvâmes avec deux corps sans vie .. un examen postérieur révéla que les deux assassins avaient conservé des capsules de poison dans leurs bouches pour ce cas de figure précis. Préparés, et prêts à tout.
Leurs corps furent livrés aux autorités alertées par le remue-ménage; Grum était particulièrement inquiet qu'une attaque ait eu lieu dans son auberge.
Mais cette attaque prouvait bien que notre enquête gênait.
Au matin, nous avons formé des groupes pour interroger quelques personnalités. La campagne pour les élections semblait imperturbable, et inébranlables les candidats; cependant, ce jour vit émerger un nouveau nom. Celui d'Ernest Hirsch.

Il s'agissait d'un jeune homme qui se faisait discret mais qui jouait d'astuces pour gagner en popularité auprès des jeunes populations; malgré sa réserve, il semblait être l'un des favoris, capable d'inquiéter jusqu'au magistrat lui-même. Le nom fut cité une seconde fois par une jeune femme du nom d'Isabelle. Le tableau s'étoffa ainsi d'un programme inexistant et sans mesures; l'homme jouait de son charisme et de ses promesses de mesures radicales pour changer la situation. Ce qui suffisait à lui offrir des voix, les citoyens étant décidé à changer leurs élus.

Les voyageurs de passage envisageaient alors sérieusement de quitter les lieux tant l'atmosphère lourde qui balançait entre les enlèvements et les élections était pesante, à l'image d'Al le trappeur, qui résidait chez Grum.
Nous échangions avec lui quand nous avons été attirés à l'extérieur par une bruyante agitation. Il s'agissait d'une pendaison; le Commandant en personne rendait la sentence du condamné, un homme grisonnant répondant au nom de Zacharie Benfield.
Il nous était inconnu, étranger à la ville; gilnéen établi hors les murs, il se serait rendu à la garde pour le meurtre d'Isabelle, la jeune femme avec qui nous avions discuté, ainsi que de deux gardes.
L'homme s'étant confessé, la pendaison fut rapide. Nous n'avons pu ni l'interroger, ni questionner le Commandant bien vite rentré dans la caserne.
Tout semblait encore pointer vers un culte du loup : l'homme, gilnéen et sans doute worgen; les meurtres sanglants... A Gilnéas, de tels crimes servaient autrefois de rites.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Ven 1 Juil - 13:07

Ernest Hirsch

La suite des opérations fut vite décidée.
Il fallait avoir une petite discussion avec Ernest Hirsch, l'invisible favori des élections. Grum ne put hélas nous diriger vers une habitation; ce sont des soldats qui nous indiquèrent où nous pourrions trouver le bonhomme.
Sur leur parole nous nous rendîmes donc au pied de la tour proche de la caserne. Sa base se perdait dans les rocs déchiquetés que sculptait la mer.
Les gardes ne virent aucune objection à ce que nous entamions l'ascension; elle prit de longues minutes mais fut vite oubliée, car au sommet nous découvrîmes notre homme.

Il se débattait dans le vide, les jambes pendantes; son visage rougi était déformé par la peur, rendant ses traits indistincts. Il y avait un worgen qui le tenait à la gorge, une bête massive, à la fourrure sombre et épaisse.
Nous cherchions encore la présence d'esprit de réagir quand une femme worgen l'a rejoint. Sa silhouette, plus fine, semblait comme ramassée, prête à bondir. Sa voix grondante a claqué, intimant à son partenaire de lâcher Hirsch.
Ce qu'il fit.
Ils ont ensuite plongé à leur tour, prenant la fuite par les murs. Les worgens sont d'excellents grimpeurs, capables d'exécuter des sauts sur des distances considérablement étendues. Impossible de les arrêter ou de les suivre.

Sur la grève, le corps de Hirsch était disloqué. Son visage reflétait encore la souffrance de ses derniers instants.
Notre examen fut vite interrompu par des bruits de ferraille; la garde arrivait sur les lieux. Que se retrouvèrent-ils à penser, en nous voyant ainsi penchés sur le corps d'un candidat aux élections, en lieu si incongru ?

Les geôles manquaient clairement de confort. Je dois dire que les rebelles bénéficiaient d'un meilleur traitement à Gilnéas.
Les cellules se trouvaient sous le donjon, prises dans l'étreinte glacée de la pierre taillée à gros blocs; la paille disposée au sol ne nous isolait que très mal.
Il y régnait une atmosphère morose et tendue; les gardes aboyaient sèchement leurs ordres. Je voyais la colère briller dans les yeux de Sylvess, adossée au mur, et la lassitude sur le visage fermé d'Eldared.
Cette fois, le Commandant n'intercèderait pas en notre faveur. On nous fit donc mener un avocat, un homme paré des beaux atours, dont la chaîne de la montre de gousset luisait sur le pourpoint. Nous apprîmes qu'il s'agissait de maître Berman; qu'il était lié à MacAllister et qu'il était extrêmement pointilleux et attaché aux manières. Naturellement, un tel caractère suscita l'agacement de mes camarades.
L'homme ne repartit pas charmé et ni prêt à nous défendre jusqu'au bout.
Par chance, on nous épargna la pendaison. Nous avons reçu la visite du Commandant qui nous expliqua, troublé, que des poils et des griffures avait été trouvés sur le corps, attestant de la véracité de notre version de l'histoire.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Ven 1 Juil - 13:14

Un peu de bibliographie

Deux jours plus tard, c'est Butch qui nous rendait visite à la taverne. Il ne paraissait pas enchanté de sa mission et rit beaucoup de notre séjour en geôles. Cela n'avait pas vraiment aider à remonter notre cote de popularité.
Toujours est-il qu'il transmis son message. MacAllister en personne nous faisait savoir qu'un nouvel enlèvement avait eu lieu. Un garde, encore. Nous nous sommes donc rendu à la caserne où le Commandant nous a reçu. Il était en pleine conversation avec deux de ses officiers, le lieutenant Barnabée et le capitaine Chopenclume.
Il n'était naturellement pas ravi de nos dernières aventures, ni de nos résultats inexistants et ne se priva de nous le faire savoir. Cependant son attention fut vite détournée par l'entrée d'un soldat; particulièrement distrait, en partie dissimulé derrière la pile de livres qu'il peinait à porter, il trébucha en réalisant son erreur. Les volumes claquèrent contre les dalles et nous nous sommes penchés pour les ramasser. Alors que Chopenclume nous enjoignait avec insistance de laisser le soldat se débrouiller, quelques titres ont accrochés notre regard. Les mystères des arcanes obscures, Traité sur le Néant. Très inhabituel en dehors de la bibliothèque d'un mage. Encore plus dans cette ville arriérée et superstitieuse.

Le Lieutenant Elensar prit alors l'initiative de se rendre à Dalaran pour enquêter sur les livres que nous avions vus. Il appris ainsi qu'il s'agissait d'ouvrages théoriques sur le Néant et les énergies qui y tournoient.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 13:03

Embuscade

Jusqu'ici, nous n'avions guère avancé. Nous avons donc décidé de passer à l'action.
Autrement dit nous voulions sortir à nouveau sous le couvre-feu. Nous avions pour nous les illusions d'un mage; nous devions être capables de tendre un piège et capturer un des worgens. Si tant est, bien sûr, qu'ils soient de sortie ce soir-là.
Le Commandant n'approuva pas notre plan. Pour être tout à fait honnête, il ne croyait pas un seul instant en nous. Nous n'étions pas loin d'être de son avis quand nous avons alerté les gardes postés devant l'auberge par le couvre-feu renforcé. Méfiants, ils choisirent d'appeler des renforts.
Qui ne vinrent jamais.
Les worgens avaient frappé sur le chemin.
Nous les avons trouvés aux prises avec la worgen enragée qui les décimait.
Alors que nous nous jetions dans la lutte, son compagnon, Fléau, bondit sur nous. Il frappa dans sa chute le Lieutenant qui s'effondra, transpercé par le harpon que maniait la bête. 
J'accourai vers lui quand il pivota vers moi. La lutte fut rude car je laissai moi aussi jouer la bête; ce qui poussa Fléau à gronder de colère. J'étais "enchaîné", dit-il, "traître à mes frères".
Sa fourrure était empoissée d'une odeur lourde, étrange, que je percevais du fait de la proximité. Il sentait les bougies et les chandelles, l'encens, cet encens que l'on trouve dans les lieux dédiés au culte.
Lorsqu'ils fuirent après avoir blessé pas mal de monde et tué quelques gardes, le Lieutenant voulut les retenir. Mais sa magie n'eut aucun effet sur eux.

La suite des opérations était évidente. Une fois les blessés suffisamment remis et les autorités compétentes averties, nous avons pris la direction de la chapelle du Père Grégor; méfiants, nous étions sur les nerfs, franchement hérissés par l'atmosphère de cet endroit détestable mais plein d'espoir quant à la possibilité d'en finir enfin.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 14:03

La chapelle

La chapelle était un haut bâtiment à la porte solide. Mais connaissant nos opposants, nous craignions d'y entrer pour tomber dans un piège. 
Naturellement, on n'y coupa pas.
La porte claqua derrière le Sergent Vaelys envoyée en éclaireur. Une rune se dessina à même le bois et tout nos efforts ne purent en venir à bout.
Le temps pressant, le Lieutenant nous enjoignit de trouver un autre moyen d'entrer, tandis que lui-même usait de sa magie pour se téléporter à l'intérieur.
Nous en avons été réduits à escalader le mur jusqu'à une fenêtre. 
Une fois celle-ci brisée, nous avons déboulé à l'intérieur. Nos deux elfes étaient aux prises avec un homme à l'allure curieuse qui fut vite maîtrisé.
Le reste de la pièce semblait désert mais, levant les yeux, j'aperçus un petit orbe vert filet par l'ouverture que nous avions ménagée. Alors que le Lieutenant me suggérait qu'il s'agissait d'un "œil de Kilrogg", un glyphe s'est mis à luire sur le corps de notre assaillant. Son activation l'acheva dans un sifflement.
Ces gens-là savent couvrir leurs traces.

Mis à part la preuve que le père et ses deux mercenaires de garde étaient mêlés à l'affaire, nous n'avions guère avancé, et la frustration devenait pesante.
La perspective de l'arrivée de renforts de Hurlevent accentua notre découragement. Désormais, nous étions même suspicieux à l'encontre de nos commanditaires; il faut dire qu'ils ne faisaient rien pour susciter notre confiance.
Notre seul allié semblait être le Sergent-chef Drumond. Quand nous sommes parvenus jusqu'à lui, il était en pleine discussion avec les soldats de Hurlevent.
Il nous confirma que les deux worgens étaient bien les deux mercenaires du Père; lui comme eux étaient toujours introuvables. 
Malgré tout, nous doutions. Nous invitâmes Drumond à passer nous voir dans l'auberge. Nous avions en tête un petit examen par notre Père à nous, Tarhmor, pour nous assurer de sa fiabilité. 

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 14:48

Depuis les ombres

Le soir, nous nous regroupions à l'étage pour échanger quelques hypothèses maussades; ce soir-là, on entendit monter à l'escalier. Alors que nous nous attendions à voir le faciès jovial de Grum, c'est un vieux bonhomme qui approchait. 
Je n'étais pas impressionné, mais vu la pâleur subite de mes camarades, peut-être aurais-je dû l'être.
D'après eux, il s'agissait d'un puissant sorcier. La compagnie l'avait déjà affronté en Draenor, expliquant pourquoi je n'avais pas le plaisir de le connaître. 
Il s'appelait Veille-ombres et terrorisait les autres rien qu'à se tenir là.
Mais il nous expliqua certaines choses. Il fuyait le démon. Il voulait notre aide.
En échange, nous aurions son assistance pour venir à bout de notre enquête.
Naturellement, ceux qui étaient présents en Draenor ont poussé les hauts cris. Mais le marché, malgré tout, était intéressant.

Le jour qui suivit nous permit de procéder à l'examen de Drumond. Celui-ci s'y plia de mauvaise grâce, et de toute évidence n'apprécia pas nos doutes, mais il en ressortit lavé de tout soupçon.
On pourra dire ce qu'on veut, les soldats hurleventois se montrèrent efficaces. Ils découvrirent le repaire des worgens et nous nous y rendîmes, par une froide et venteuse journée.
Même si nul ne l'avouera, sortir de la ville pour mener une opération nous fit un certain bien.
Le repaire en question était une grotte nichée dans des contreforts non loin de la ville.
La gueule de la caverne béait d'une façon inquiétante. Malgré toute notre prudence, nous sommes tombés dans quelques pièges. C'est avec quelques blessés que nous avons atteint le fond de la galerie où nous pensions trouver les worgens, armes au poing, prêts à vendre chèrement leur peau. Mais l'endroit semblait déserté.

C'est alors qu'ils jaillirent des ombres. 
La lame qui m'ouvrit le flanc m'envoya rouler à terre.
Fléau et Silhouette frappèrent, sauvages.
"Vous venez sur notre territoire !"
D'autres blessés m'ont rejoint à terre jusqu'à ce que le Lieutenant parvint à obtenir des négociations. Après tout, nous voulions simplement des informations. 
Ainsi, nous apprîmes que le duo était chargé de capturer les gens pour le prêtre. C'était lui qui leur désignait les victimes. L'homme voulait faire régner la peur.
"Ensuite, nous ramenions les victimes, encore vivantes, à deux types qui bossaient pour McAllister", continuait Fléau, "nous étions payés."
Il nous parla également de leur troisième compère, "Mâchoire" : Benfield, l'homme dont nous avions vu la pendaison.
Ainsi donc, nous avions la confirmation pour le Père, mais McAllister n'était pas nécessairement mouillé. En échange de leurs informations, nous avons laissé filer les worgens. Il ne s'agissait que des exécutants et nous avions, désormais, des chats plus importants à fouetter.

McAllister se montra peu coopératif. 
Pour tout dire, après avoir été désarmés, il a lâché ses chiens sur nous.
Façon de parler encore : c'était des démons. Jamais ses hommes de main n'ont couru aussi vite.
Le vieil homme en profita pour disparaître.
La situation semblait totalement déraper, tout le monde paraissait avoir un rôle caché dans l'histoire...

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 15:06

Point de non-retour

À notre retour en ville, tout s'accéléra. Nous discutions encore à l'auberge quand une troupe fut mandatée pour nous arrêter. Les chefs d'accusation trop nombreux seront résumés sous le générique "haute trahison". 
En bref, nous allions être pendus. Du haut des remparts.
Tout cela n'était guère protocolaire, ce qui nous révéla la supercherie. Les soldats étaient manipulés par magie.
On envoya le Lieutenant vers la caserne et on nous conduisit au sommet de la tour; privés de soutien magique, nos chances étaient maigres.
Des potences avaient été installées à la va-vite. On verrait nos corps depuis la mer.

Ils ont choisi Sylvess, l'ont poussée vers l'avant. La corde s'est tendue puis a claqué, tranchée net. Elle a chuté.
J'ai plongé à mon tour, devenant corbeau. Une humaine adulte est de toute façon trop lourde pour être rattrapée par un corbeau, même druidique; mais je pus lui éviter les roches déchiquetées qui soutenaient les fondations.
Le temps que nous remontions, la situation s'était renversée.
Le Lieutenant, qui était apparu parmi nous, était en train d'incanter. Nous nous sommes positionnés dans l'escalier pour repousser les renforts de la garde qui montaient à l'assaut de la tour.

Puis l'arcane a claqué et tout s'est estompé.

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Arliden
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 16:25

Ruine

C'est le froid qui, le premier, nous a secoués.
Il était mordant. La neige grinçait sous nos pieds, le vent s'engouffrait dans les failles de nos armures; et surtout, une pulsation régulière faisait vibrer tout l'air. À demi dissimulé par les conifères, barrant l'horizon, un imposant complexe sculpté de runes...  
Je ne pus l'admirer longtemps. Il fallait remédier à notre situation critique. Sylvess requérait des soins urgents; son bras ne pouvait être sauvé. Bien que les conditions ne s'y prêtaient pas du tout, nous avons procédé à l'amputation.
Quand je relevai la tête, mes camarades étaient en train de parlementer avec une créature bleu azur.
Reptilienne, elle était pourvue d'une gueule allongée garnie de crocs, celle-ci surmontait un buste écailleux qui se poursuivait et s'achevaient sur quatre jambes...
Le drakônide n'était pas charmé de notre présence en ces lieux de pouvoir.
Aussi nous envoya-t-il aussi sec en un autre lieu. Une tour en ruine, cette fois, dans laquelle nous avons trouvé refuge.

Dès le lendemain nous avons pris le chemin du retour vers Havreport. Les panaches de fumée nous guidaient.
Car la ville était la proie des flammes.
On eût dit qu'en notre absence une guerre s'était déclarée, et ce n'était pas loin du compte. La tension accumulée avait fini par éclater.

Les rues grouillaient de démons et autres sectateurs. Nos camarades fraîchement débarqués menaient la résistance, aidés de soldats et de civils.
Cet endroit était complètement frappé de folie, et aucun de nous n'allait le regretter. Mais nous devions arrêter les démons. Nous étions pour la majorité d'accord là-dessus.
La première étape était récurrente lors de telles attaques : couper l'arrivée des renforts. Autrement dit, bloquer les portails qui n'avaient pas manqué de s'ouvrir.
Ils n'étaient pas entièrement achevés, ce qui nous valu sans doute la victoire; dans la bataille, nous avons rallié la troupe de Drumond, toujours vaillant, et avons poussé jusqu'à la caserne ainsi renforcés.
Les têtes ennemies y étaient retranchées.
Nous avons alors décidé d'éviter l'assaut frontal, et, ouvrant une brèche, sommes entrés dans la caserne par les cachots que nous connaissions bien.
En remontant dans la cour, nous sommes tombés sur le gros des troupes, avec qui nous avons engagé le fer. Note objectif, la herse, resta hors de portée.
Nous étions vaincus, encerclés de démons. 
Alors, McAllister est apparu. 
Il nous a emmenés, fendant la foule démoniaque, vers l'étage. Nous nous sommes regroupés dans la grande salle où nous avions si souvent rencontré le Commandant.
Ce qui se tenait là était un Nathrezim.

Nous nous préparions à lutter quand McAllister s'est avancé. Et il s'est révélé être Veille-ombres.
Tout, depuis le début, n'avait été qu'une mise en scène. Nous, la Rétribution, étions le dindon de la farce. Très déplaisant.
Le Nathrezim comme le sorcier le confirma. 
Puis, ce dernier fit un geste, jeta une incantation. 
Nous fûmes renvoyés à l'extérieur alors que, sous nos yeux, la caserne s'écroulait dans un fracas monumental.

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Dernière édition par Arliden le Mar 25 Juil - 23:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   Sam 16 Juil - 16:34

Havreport, ville sordide, ville maussade, que nous laissions derrière nous à genou dans la cendre et le soufre.
Havreport fut une escale démente, un piège tendu par les ennemis du passé, dans lequel nous nous étions retrouvés empêtrés.
Havreport avait révélé quelques personnalités; nous avions embarqué avec nous le brave Grum Chope-d'Acier, solide nain aux capacités tant martiales que culinaires.
Havreport nous a également montré que ceux que nous prenons pour des monstres ne le sont jamais complètement. Il est logique que le mal à l'état pur n'existe pas, car il contreviendrait à beaucoup d'interêts de ceux qui le répandent.
Cependant, désormais Havreport n'est plus qu'une tache noire dans nos souvenirs. Nous ne l'évoquons que rarement, à demi mots. Mais nous ne l'oublions pas.

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MessageSujet: Re: Annales de la compagnie, volume III : Livre de Havreport   

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